Shiogama : à quand le retour de la pêche locale ?
Le quatrième et dernier jour de mon second voyage anniversaire au Tôhoku post-tsunami, je mets cap au sud, vers Tokyo, et m’arrête à Shiogama, dans le département de Miyagi. Ma destination précise est le Centre de vente en gros des produits de la mer de cette ville, grand marché au poisson de la région et point de distribution essentiel des produits de la mer du Sanriku.
Le poissonnier Suzuki Kiyotaka est content de m’annoncer que les affaires ont bien repris. Les arrivages, pratiquement réduits à néant après le séisme, sont remontés cet été à 30 ou 40 % des niveaux enregistrés avant la catastrophe. « Et maintenant, ils sont à environ 90 % », ajoute-t-il. « L’impact de la contre-publicité liée à l’accident de Fukushima se fait de moins en moins sentir et la clientèle revient. »
Malheureusement, la pêche locale ne fournit qu’une toute petite fraction des produits vendus ici. La reconstruction des ports de pêche de la région n’a guère progressé et la majorité des pêcheurs locaux n’ont pas les moyens de remplacer leurs bateaux détruits. Les marchands de poisson compensent ce manque à gagner en faisant venir leurs produits d’ailleurs. À l’approche de la saison de pêche du printemps, les poissonniers n’ont plus qu’à espérer que la pêche locale effectue progressivement son retour.
Sachant que la pêche était une activité essentielle pour la plupart des collectivités de la région, avant qu’elles ne soient durement frappé par le séisme, l’état des ports de pêche et des marchés au poisson constitue une jauge du rétablissement de l’ensemble de la région. Les collectivités sinistrées devront s’armer de patience et de constance pour surmonter l’œuvre de dévastation accomplie par la mer et profiter à nouveau des bienfaits de cette dernière. Le gouvernement et le peuple du Japon doivent être prêts à soutenir l’effort de reconstruction pendant un certain nombre d’années.
(D’après un original en japonais du 13 mars 2013. Photographies de Kodera Kei)

