Les ondes alpha et la pleine conscience

Takahashi Tôru (photo : Koyama Tetsuya)

L’Université Waseda, de son côté, étudie le réseau mode par défaut et les effets de la méditation sous l’angle des ondes cérébrales.

Dans les années 1980 et 1990, les ondes alpha faisaient fureur dans le milieu de la recherche électroencéphalographique. On pensait que ces ondes, prédominantes dans les états de relaxation, avaient un effet bénéfique sur la santé et l’efficacité au travail.

Takahashi Tôru, de l’Institut de hautes études en sciences humaines de l’Université Waseda et boursier postdoctoral à la Société japonaise pour la promotion de la science, a mené des recherches qui vont directement à l’encontre de cette théorie. Takahashi part de l’hypothèse qu’un renforcement des ondes alpha entrave notre perception des sensations subtiles et interfère avec la méditation introspective. Inversement, dans l’état de pleine conscience, « les ondes alpha décroissent, les sens s’aiguisent et s’instaure une conscience aigüe de notre connexion à l’environnement. »

Nomura Michio (photo : Koyama Tetsuya)

Dans le monde du sport, les athlètes sont de plus en plus nombreux à pratiquer la pleine conscience pour améliorer leurs performances. Takahashi travaille à la mise au point d’un système de rétroaction neurale destiné aux athlètes. L’idée est de recourir à la mesure des signaux biologiques et des ondes cérébrales pour leur procurer des rétroactions en temps réel sur l’état de leur cerveau lors d’une séance de pleine conscience ou de méditation, de façon à les aider à améliorer tant leurs performances sportives que leur pratique de la méditation. Peut-être l’état de « présence totale » dont parlent parfois les athlètes et les coureurs sera-t-il une affaire banale dans un avenir relativement proche. « Il existe une différence entre la relaxation au sens courant du terme et la méditation », observe le professeur associé Nomura Michio, de l’Institut de hautes études pédagogiques de l’Université de Kyoto, qui conseille Fujino. « La relaxation ne soulage pas la fatigue cérébrale ; l’important, c’est de remédier au ralentissement excessif propre au RMD grâce à la pratique de la méditation. La méditation constitue un troisième état d’esprit, distinct à la fois de la tension et de la relaxation. »

Grâce aux avancées rapides des neurosciences, nous savons désormais qu’un comportement qui s’apparente à la relaxation – simplement s’asseoir sans rien faire ni prêter attention à quoi que ce soit de particulier – n’est pas nécessairement bon pour notre santé mentale. Nous entendons souvent dire que la pleine conscience n’est rien de plus qu’un engouement passager. Mais peut-être les gens commencent-ils à se rendre compte que le troisième état d’esprit évoqué par des mots tels que « zen », « méditation » et « pleine conscience » est riche de promesses.

(D’après un texte original en japonais de Koyama Tetsuya. Photo de titre : © PIXTA)