Les nengajô (cartes de vœux du Nouvel An)
C’est à cette époque, où les gens se préparent à l’avènement de la nouvelle année, que les cartes de vœux du Nouvel An nengajô (en règle générale des cartes postales) sont exposées bien en vue dans les magasins. L’échange de ce genre de vœux relève d’une tradition qui remonte à l’époque de Heian. Le poète et érudit Fujiwara no Akihira (987-1066) a rédigé une série de modèles de textes destinés aux nengajô, et des échantillons de vœux du Nouvel An écrits par des samuraïs à l’époque des Royaumes combattants (1467-1568) ont été préservés. L’envoi des vœux du Nouvel An a connu un grand essor à l’époque d’Edo avec l’introduction des courriers hikyaku. De nos jours, le nombre des nengajô envoyés chaque année a diminué à mesure que les gens se convertissaient à l’envoi des vœux par Internet.
Quand un membre de la famille est décédé au cours de l’année, les gens envoient des mochû-hagaki, ou « cartes postales de deuil », pour demander qu’on s’abstienne de leur envoyer cette année-là des nengajô à tonalité festive. Les mochû-hagaki sont expédiés bien avant le Nouvel An, en règle général en novembre ou au début du mois de décembre.
Les baies rouges porte-bonheur
À l’approche du Nouvel An, bien des magasins exposent de rutilantes baies rouges devant leur entrée. Les baies rouges, symboles de prospérité, que le morne environnement hivernal met en valeur, ont la réputation d’attirer la chance. Les noms qu’elles portent en japonais font référence à l’abondance des baies produites par chaque plant, les plus prolifiques étant le nanten (bambou céleste), suivi par le manryô ou « 10 000 pièces » (symphorine), le senryô ou « 1 000 pièces » (herbe glabre de sarcandra), le hyakuryô ou « 100 pièces » (houx japonais), le juryô ou « 10 pièces » (marlberry) et le ichiryô ou « 1 pièce » (damnacanthus indicus). On trouve une description de ce dernier dans l’ancien recueil de poésies Man’yôshu. Toutes ses plantes sont appréciées pour leur valeur décorative au Nouvel An.
Les mikan (mandarines)
Les mikan sont des mandarines de Satsuma faciles à peler et riches en vitamine C. On pense qu’elles viennent de Chine et ont été introduites au Japon au début de l’époque d’Edo. Elles sont également populaires dans d’autres pays, où on les appelle parfois satsuma. Au début de l’ère Meiji (1868-1912), dit-on, l’épouse d’un membre de la mission diplomatique américaine au Japon aurait obtenu des jeunes plants de mikan dans la province de Satsuma (l’actuelle préfecture de Kagoshima), d’où le nom attribué à ce fruit.
La morue
La morue du Pacifique (madara) et le colin de l’Alaska (suketô-dara) sont deux variétés de morue (tara) pêchées sur le littoral de l’Archipel. La saveur umami plus prononcée de la morue du Pacifique en fait un mets idéal préparé en potée, en nitsuke doux assaisonné de sauce de soja et de mirin, à la meunière ou émietté et frit. Le colin de l’Alaska a quant à lui une consistance aqueuse, si bien qu’on l’utilise pour préparer des produits à base de pâte de poisson bouillie tels que le kamaboko et le chikuwa. On sale la laitance de colin de l’Alaska pour obtenir du tarako, souvent servi au Nouvel An en raison de son association avec la chance.
(Article supervisé par Inoue Shôei, chercheuse sur le calendrier et auteure, prêtresse shintô, professeure invitée à l’université Tôhoku Fukushi. Photo de titre : feuilles qui pendent d’un cerisier en automne. Toutes les photos : Pixta)







