La vie à Higashikawa
J’ai visité le centre de formation de Higashikawa afin d’observer la vie des étudiants internationaux. Parmi eux se trouvait Kim Sehyeon, un Sud-Coréen de 36 ans arrivé au Japon en avril 2024 pour intégrer l’établissement. Il explique avoir développé un intérêt pour les soins infirmiers après avoir exercé divers métiers dans son pays natal.
Kim parle couramment japonais, ayant étudié la langue en option au collège et au lycée. « La Corée du Sud connaît également un vieillissement rapide de sa population, explique-t-il, mais il existe très peu d’établissements résidentiels, à l’exception des services de garde de jour et des visites à domicile. Ainsi, de nombreuses familles finissent par engager des soignants afin de s’occuper de leurs proches âgés. »
Kim décrit la vie à Higashikawa comme étant confortable et sans stress. Il dispose d’une chambre privée dans le dortoir et reçoit deux repas gratuits par jour, sauf les dimanches et jours fériés. Les étudiants perçoivent également une allocation mensuelle de 8 000 yens en monnaie électronique locale (HUC), utilisable dans les commerces de Higashikawa. Après l’obtention de son diplôme, il se réjouit à l’idée de travailler dans une structure affiliée à la municipalité, affirmant qu’il est déjà familier avec le vocabulaire du secteur des soins.
Un modèle de coexistence multiculturelle
Le centre de formation dispose également d’un département de langue japonaise destiné aux étudiants souhaitant améliorer leurs compétences linguistiques avant d’intégrer le marché du travail. Aux côtés de l’école municipale de langue japonaise de Higashikawa, ce département contribue à renforcer la maîtrise du japonais chez les travailleurs étrangers.
L’école municipale de langue japonaise de Higashikawa abrite par ailleurs une « salle de coexistence multiculturelle » visant à favoriser les échanges entre les étudiants étrangers et les habitants. Une inscription à l’entrée de la salle proclame : « Tous les résidents étrangers, visiteurs et habitants de Higashikawa forment une seule et même famille. »
J’ai trouvé cette expression particulièrement juste pour illustrer l’esprit de coexistence multiculturelle, loin des formules galvaudées comme « global », « universel » ou « diversité ». J’y ai perçu une forme d’inclusivité profondément enracinée, que l’on pourrait qualifier d’« esprit de Higashikawa ».
Cela m’a également rappelé l’eau de source qui jaillit, pure et abondante, plusieurs décennies après être tombée sous forme de neige sur les montagnes Daisetsu voisines. Higashikawa est d’ailleurs la seule ville de Hokkaidô à ne pas disposer de réseau d’eau potable, puisque l’eau de source coule directement du robinet. On pourrait même dire que la qualité cristalline et généreuse de cette eau est la source même de l’« esprit de Higashikawa ».
J’espère revenir à Higashikawa d’ici une dizaine d’années afin d’observer l’évolution de cette remarquable initiative visant à former des soignants étrangers.
(Toutes les photos © Ônishi Naruaki. Photo de titre : Tamang Sanu, aide-soignant originaire du Népal, aide un résident à prendre son repas dans un établissement médicalisé de Hokkaidô.)








