À la croisée de l’espoir et du désespoir

M. Kuboshima préfère une autre date du calendrier : le 29 avril. Ce jour-là, le Mugonkan fête les jeunes adultes. Toute personne qui fête ses vingt ans peut s’inscrire. Chacun reçoit une lettre des mains d’un invité spécial, comme l’actrice Kiki Kirin, par exemple.

Dans la matinée, les participants visitent le Mugonkan et expriment leurs sentiments : « Je fais de la guitare, mais à côté de ces tableaux, ce n’est rien. » « Pour la première fois de ma vie, j’ai sérieusement pensé à ma famille. »

Chaque commentaire réjouit M. Kuboshima, qui y voit le message qu’auraient voulu transmettre les jeunes peintres décimés par la guerre. Pour les jeunes adultes, le Mugonkan n’est pas un musée contre la guerre, mais le lieu d’interaction avec les jeunes d’autrefois qui s’adonnaient à leur passion.

Bien entendu, chacun ne voit pas la même chose dans un tableau. Pour M. Kuboshima, ils renferment « le désespoir engendré par la guerre et l’espoir des jeunes gens qui peignaient dans ces temps sombres. Le Mugonkan se trouve à la croisée de l’espoir et du désespoir ; tel est son message sur la guerre. »

Les visiteurs qui, la première fois, sont submergés par la tragédie engendrée par la guerre, sont nombreux à saisir la joie de vivre qui émane du musée, dès leur deuxième ou troisième visite. Prêter l’oreille à la voix passionnée de ces peintres disparus et s’ouvrir à l’éclat de leur vie, c’est aussi mieux comprendre la noirceur de la guerre qui a brisé leur élan.

(D’après un texte original de Masuda Miki. Photos : Hanai Tomoko)

Mugonkan

Adresse : 3462 Koaso, Ueda-shi, Nagano-ken, 386-1213 JAPON
Tél : +81 (0) 268.371.650
Ouverture : tous les jours sauf mardi de 9h à 17h
Tarifs : Général – 1 000 yens ; Lycéens et étudiants – 800 yens ; Collégiens et enfants – 100 yens