La graisse viscérale, point faible des Japonais
Le plus grand point faible des Japonais est leur propension à accumuler la graisse viscérale. Cette graisse abdominale produit des substances nocives à l’origine de maladies de comportement comme l’hypertension, le diabète ou l’AVC (accident vasculaire cérébral) et l’infarctus. Elle est également liée à l’apparition du cancer du côlon, du foie, du pancréas ou du sein, ainsi que de la démence.
En comparaison, chez les Occidentaux, la plus grande partie de la graisse s’accumule sous l’épiderme. Comme le montre l’illustration 3, la graisse sous-cutanée, stockée sur la face externe du corps, ne produit que peu de substances nocives. Aux États-Unis, les gens pesant plus de 100 kilos sont plus nombreux qu’au Japon, mais ils sont en forme, sans doute parce que leur graisse se situe principalement sous l’épiderme.
Le type de graisse prédominant chez chacun est déterminé par ses gènes. Mais à vrai dire, autrefois, très peu de Japonais avaient de la graisse viscérale. Pour preuve, le taux d’incidence de maladies profondément liées à cette graisse, comme le diabète, le cancer du sein et celui du côlon, par exemple, était faible.
C’est entre les années 1960 et 1990 que cela a changé. Au fur et à mesure que progressait l’occidentalisation de l’alimentation, synonyme de plus de graisses mais aussi de moins de riz et de fibres, les Japonais ont accumulé davantage de graisse viscérale. À quoi est venu s’ajouter le manque d’exercice lié à la sédentarisation au travail et à l’usage de la voiture. Aujourd’hui, la santé des Japonais est plus fragile.
Revenons à la véritable sagesse des anciens
Depuis quelques années, les études liées aux différences de constitution entre les ethnies progressent ; en 2016, le séquençage du génome type des Japonais a été terminé. Ces importants travaux de recherche ont montré que l’alimentation traditionnelle japonaise, composée de peu de viande et de produits laitiers mais de beaucoup de poisson et de soja ainsi que de quantités importantes de fibres tirées des céréales, des légumes et des algues, permettait de limiter l’accumulation de graisse viscérale.
Le riz complet est un bon élément de base de l’alimentation. Il contient en effet sept fois plus de fibres que le riz blanc, ainsi que de nombreux éléments qui aident à brûler la graisse viscérale. Le soja, les petits poissons et les légumes verts et orange, éléments traditionnels du repas japonais, renforcent les os ; les femmes qui mangent beaucoup d’aliments à base de soja, comme le tofu, ont trois fois moins de risque de contracter un cancer du sein.
Aujourd’hui, au Japon, on peut savourer la cuisine de tous les pays du monde. Mais n’oublions pas que la pierre angulaire de la bonne santé des Japonais, c’est le washoku, le régime alimentaire traditionnel de l’Archipel.
(Voir également notre article : 1975, l’année où l’alimentation japonaise est à son sommet)
(Photo de titre : Pixta)

