Les hydrates de méthane : une source d’énergie encore expérimentale

Pour évaluer l’importance d’un produit, y compris les méthodes de production de l’énergie, on utilise une échelle composée de cinq niveaux :

Niveau 0 : aucune valeur de production
Niveau 1 : production scientifiquement possible (production expérimentale)
Niveau 2 : production techniquement possible (pré-production)
Niveau 3 : Production rentable (production commerciale)
Niveau 4 : révolution industrielle

La production de gaz d’hydrates de méthane en est actuellement au niveau 1. Ishii Yoshinori dirait sans doute qu’elle ne dépassera jamais le niveau 0, mais les tentatives d’extraction sous-marines sont déjà proches du niveau 2. A titre de comparaison, les voitures hybrides sont restées pendant longtemps au niveau 0 et il a fallu attendre que Toyota et Honda fassent de gros efforts pour qu’elles s’élèvent jusqu’au niveau 3. Mais elles n’ont jusqu’à présent jamais atteint le niveau 4, en raison de la part de marché peu importante qu’elles occupent.

Quitte à se faire traiter de pessimiste, on doit admettre que l’idée de résoudre le casse-tête énergétique du Japon avec le gaz d’hydrates de méthane est tout simplement hors de question. Avant d’envisager la commercialisation de cette nouvelle source d’énergie, il faut disposer des moyens techniques adéquats pour permettre une production continue. Dans le meilleur des cas, le gaz naturel ne constituera au maximum que 20 % de la consommation énergétique du Japon, soit la moitié du pétrole. En raisons de problèmes liés à un usage stable, les gaz naturels comprimés ne semblent guère susceptibles de remplacer le pétrole en tant que carburant pour automobiles dans un avenir proche.

Les fonds sous-marins situés dans la limite des eaux territoriales japonaises contiennent indéniablement des gisements importants de gaz d’hydrates de méthane exploitables, mais ce type de source potentielle d’énergie ne pourra au mieux répondre qu’à une partie des besoins énergétiques de l’Archipel. La meilleure chose à faire pour le moment, c’est d’observer calmement l’évolution de la situation dans le domaine des ressources énergétiques de l’avenir. 

(D’après un article en japonais du 8 avril 2013. Photo du titre : hydrate de méthane en train de brûler, avec l’aimable autorisation du Consortium de recherches sur les ressources en hydrates de méthane du Japon.)

(*1) ^ Le 26 avril 2013, le cabinet du Premier Ministre Abe Shinzô a approuvé officiellement le nouveau Plan cadre sur la politique maritime du Japon. — N.D.L.R.