Les progrès rapides des entreprises et des universités en dehors du Japon

Les principaux acteurs de cette innovation technologique majeure sont des chercheurs des États-Unis et du Canada ainsi que des entreprises installées pour la plupart dans la Silicon Valley. La France suit de près ces deux pays grâce à ses remarquables performances dans le domaine des mathématiques, un de ses points forts. Enfin les grandes firmes chinoises font tout, elles aussi, pour s’adjuger une part du gâteau.

Google a toujours consenti de gros efforts pour la recherche sur l’intelligence artificielle et il continue sur sa lancée. C’est ainsi qu’en 2013, il a embauché Geoffrey Hinton, un spécialiste notoire en la matière. Et au début de l’année 2014, il a procédé à l’acquisition d’une petite start-up britannique appelée DeepMind Technologies, pour la somme estimée de 500 millions d’euros. Sur le moment, beaucoup ont trouvé surprenant un achat qui s’est pourtant révélé particulièrement judicieux par la suite.

Facebook a pour sa part installé des laboratoires de recherches sur l’intelligence artificielle à New York, Menlo Park (Silicon Valley) et Paris en y consacrant, à ce que l’on rapporte, des budgets impressionnants. Les recherches sont dirigées par le Français Yann LeCun, un des inventeurs de l’apprentissage profond, professeur à l’Université de New York et titulaire de la chaire « Informatique et sciences numériques » du Collège de France pour l’année 2016 (voir vidéo sur le site du Collège de France). La France a toujours tenu une place importante dans le monde de la recherche mathématique et elle est en train de s’affirmer comme un acteur de premier plan du fait que cette science est l’une des composantes-clés de l’apprentissage profond. La stratégie de Facebook semble consister à jouer sur les deux rives de l’Atlantique, de la côte Est des États-Unis jusqu’à l’Europe.

Le retard du Japon

De son côté l’entreprise Internet Baidu, qui dispose du moteur de recherche le plus consulté en Chine, s’est elle aussi dotée d’un institut de recherches sur l’apprentissage profond. Celui-ci est dirigé par Andrew Ng, un Américain d’origine chinoise qui a été élevé à Hong Kong et à Singapour. Après des études universitaires effectuées aux États-Unis, celui-ci s’est illustré en tant que chercheur vedette de l’Université Stanford, dans la Silicon Valley. La Chine investit les capitaux de ses entreprises dans des recherches confiées à des scientifiques talentueux d’origine chinoise qui travaillent un peu partout aux États-Unis.

Outre les activités des trois géants d’Internet déjà mentionnés, on constate une prolifération de start-ups désireuses de profiter de l’énorme potentiel que représentent l’intelligence artificielle et l’apprentissage profond. Les États-Unis ont déjà remporté une victoire décisive avec Internet et ils maintiennent leur avance dans la compétition qui fait rage à l’heure actuelle pour le développement de l’intelligence artificielle, une technologie capitale pour les années à venir. En l’état actuel des choses, leurs principaux adversaires se trouvent en Asie, en l’occurrence Baidu et l’Université Tsinghua en Chine, ainsi que l’Université de Hong Kong et l’Université nationale de Singapour. Le Japon se situe quant à lui à l’arrière-garde du groupe de tête de l’IA.