Le potentiel exceptionnel du Japon en matière d’intelligence artificielle

Le secteur de l’intelligence artificielle va continuer à se développer et il devrait exercer une influence majeure sur de nombreux domaines notamment l’industrie automobile, les machines industrielles, les infrastructures sociales – en particulier les transports et la logistique – et la sécurité, à commencer par la prévention des crimes, ainsi que la robotique, la médecine et les soins infirmiers. Et il produira sans doute une énorme quantité de valeur ajoutée.

À vrai dire, le Japon est un pays particulièrement bien placé dans le domaine de l’intelligence artificielle et ce, pour plusieurs raisons :

  1. Le Japon a une population vieillissante et une démographie en perte de vitesse
    Le Japon doit augmenter sa productivité au fur et à mesure que sa population diminue, et il y a une forte demande sociale dans le pays pour les applications de l’intelligence artificielle et le développement de robots.
  2. Le Japon a une grande quantité de ressources humaines liées à l’IA
    L’Archipel dispose d’une grande quantité de ressources humaines en rapport avec l’IA à cause du projet de création d’ordinateurs de cinquième génération qu’il a conçu en 1982. Certains des étudiants de l’époque sont devenus des professeurs d’université qui sont en train de former la prochaine génération de spécialistes de l’IA. La Société japonaise de l’intelligence artificielle (Jinkô chinô gakkai, JSAI) compte à elle seule trois mille membres, un chiffre impressionnant en comparaison de celui de l’Association internationale pour le développement de l’intelligence artificielle (AAAI) – qui regroupe à peine cinq à six mille personnes à travers le monde – et de ceux nettement inférieurs des sociétés savantes japonaises de la plupart des secteurs liés aux technologies de l’information. Qui plus est, un grand nombre de Japonais ont fait directement l’expérience du premier et du second boums de l’intelligence artificielle si bien que le niveau de compréhension de l’Archipel dans ce domaine est élevé.
  3. L’IA est un secteur qui demande à la fois de l’intelligence et du sérieux
    Dans le monde d’Internet, tout repose sur la connexion entre les différentes sources d’information. Les entreprises les plus performantes sont celles qui répondent le plus rapidement aux besoins du moment. Dans le domaine de l’intelligence artificielle en revanche, il y a un système de valeurs commun et ce qui compte avant tout, c’est la capacité à comprendre pleinement les fondements mathématiques de l’IA et le soin apporté dans la configuration de tous les paramètres. Or c’est précisément les qualités qui caractérisent les ingénieurs de l’industrie manufacturière de l’Archipel.
  4. L’IA ne pose pas de problème linguistique
    La barrière de la langue entre le japonais et l’anglais a constitué un handicap majeur pour le Japon en ce qui concerne Internet. Mais les différences d’ordre linguistique ne posent pas vraiment de problème dans le cas de l’intelligence artificielle, parce que celle-ci fonctionne avec des algorithmes.
  5. Les Japonais ont une relation privilégiée avec le « matériel » (hardware)
    On a tout lieu de penser que le Japon va appliquer avec succès une des méthodes qui lui ont le plus réussi jusqu’à présent, à savoir intégrer des techniques dans des produits avant de les commercialiser. L’apprentissage profond est étroitement lié à la technologie des capteurs et à la robotique, ce qui devrait contribuer à permettre aux habitants de l’Archipel de s’affirmer dans ces secteurs.