Faire confiance à la nature pour enrichir la terre
Vous êtes sans doute nombreux à vous demander si réutiliser les produits de la terre suffit vraiment pour faire pousser des cultures. Car avec ce simple recyclage, il n’y a pas d’apport en nutriments. De récolte en récolte, la terre ne va-t-elle pas s’appauvrir ?
« Non. Quand on s’en remet à la nature, les nutriments se multiplient. Par exemple, on trouve dans les racines des légumineuses des bactéries, les rhizobia, qui fixent l’azote contenu dans l’air : cela enrichit la terre. Et puis les plantes utilisent la lumière et la chaleur du soleil, ainsi que tout ce que l’univers peut leur apporter, pour croître et se multiplier.
Ce phénomène n’est pas propre aux légumineuses. C’est ainsi que les arbres et les plantes poussent dans les forêts, les montagnes et les grandes plaines, sans avoir besoin d’engrais, et que des animaux y vivent. »
Stop au sacrifice des énergies naturelles
Dans la nature, toute la chaîne du vivant est reliée, interdépendante. Les herbes et les arbres, les insectes et les animaux, les bactéries invisibles à l’œil nu et les micro-organismes enfouis dans la terre, chacun a son rôle. Les énergies naturelles, à commencer par la lumière du soleil, sont une source de vie. Aujourd’hui, avec l’impact du réchauffement climatique sur notre environnement et sur de nombreux écosystèmes, c’est la nature entière qui remet en question notre mode de vie. S’il existe une solution à ces problèmes, l’agriculture naturelle est peut-être l’une des réponses.
« Les énergies solaire et éolienne, dites énergies renouvelables, sont considérées comme illimitées, mais c’est faux. L’énergie solaire est convertie en électricité et utilisée par les humains, ce qui signifie que nous la consommons. À vrai dire, les humains volent la lumière du soleil utilisée par les plantes pour la photosynthèse. C’est pareil pour l’énergie géothermique, éolienne ou marémotrice. Dans le cycle de vie naturel, y compris celui de l’humain, les ressources naturelles ne sont jamais totalement consommées. On excrète ce que l’on mange, on vit et on meurt, la vie est faite de cycles. Mais parce que les humains consomment en accordant la priorité à l’économie et qu’ils utilisent toujours plus d’énergie naturelle pour combler des besoins sans fin, ils finiront par causer des dommages irréversibles à la planète. Nous devons en prendre conscience, et vite.
Tant que nous vivrons dans une culture de la consommation dictée par les lois économiques, ni les problèmes d’approvisionnement alimentaire ni les questions énergétiques ne seront résolus. Il ne s’agit pas pour autant de retourner à un mode de vie antérieur à la révolution industrielle. Ce n’est pas si simple. Nous devons comprendre qu’avec les connaissances engrangées par l’humanité, nous devrions pouvoir vivre en harmonie avec la nature, sans gaspiller, en gardant une juste mesure des choses. »
(Propos recueillis par Katô Kyôko. Photos : Katô Kumazô)

