L’agriculture moderne est-elle vraiment productive ? C’est la question que soulève Kawaguchi Yoshikazu, qui a développé son propre style d’agriculture naturelle, basée sur les principes suivants : ni labour ni sarclage, ni engrais ni pesticides. Accompagnons-le dans sa recherche d’une agriculture durable et respectueuse des ressources naturelles.
Au-dessus des champs fleuris virevoltent papillons et insectes. Cette terre pleine de vie n’est pourtant pas laissée à l’abandon ; des sillons recouverts d’herbe fauchée laissent deviner la présence de la main de l’homme. Comment, dans un tel environnement, les récoltes parviennent-elles à pousser, sans engrais ni pesticide ?
« En agriculture, le plus important est de ne pas labourer. Lorsqu’on laisse faire la nature, les herbes, les insectes et les micro-organismes travaillent la terre, rendant le labour inutile. Retourner la terre détruit l’environnement de cette multitude d’insectes et d’êtres vivants ; il devient alors impossible de cultiver sans engrais, et c’est le début d’un cycle infernal.
Pour autant, l’état de chaque champ et les spécificités de chaque culture nécessitent une aide adaptée. Il faut savoir accompagner la nature, lui faire confiance, sans tenter de la dominer. Par exemple, pour éviter que les herbes folles ne grandissent plus que les cultures, on les fauche et on les laisse sur place. L’herbe sèche, les cadavres d’insectes et de petits animaux se décomposent sous l’action des micro-organismes et enrichissent le sol. Autour des cultures qui nécessitent beaucoup de nutriments, on sème les déchets organiques du quotidien – les restes de légumes du potager, la paille de riz ou de blé, le son de riz, la balle du blé, les tourteaux issus de l’extraction de l’huile des graines – qu’on laisse se décomposer naturellement. »

