Un complexe impénétrable
Le chemin labyrinthique qui mène au château révèle son formidable système de défense. Il s’agit de ses cercles concentriques kuruwa, des enceintes avec des murs solides en pierre et en plâtre, et des passages étroits et sinueux avec des trous régulièrement espacés appelés hazama pour tirer sur les éventuels assaillants.
Les murs du château ont des styles un peu différents en fonction de la période à laquelle ils ont été érigés, et la plupart datent des gouvernances d’Ikeda, de Hideyoshi ou de Honda Tadamasa. La légende raconte que lorsque Hideyoshi a commencé à construire le donjon principal, les ouvriers n’avaient pas assez de pierres pour terminer le travail. Le seigneur de guerre s’est alors tourné vers la ville, ordonnant aux habitants de lui remettre autant de pierres qu’ils le pouvaient. En réponse à cet appel, une femme âgée et pauvre est arrivée et a offert sa meule très usée. Touché par ce geste, Hideyoshi a fait placer la pierre, connue sous le nom d’ubagaishi, à un emplacement d’honneur à la base du donjon. L’histoire s’est rapidement répandue parmi la population qui a été inspirée pour offrir des pierres en abondance, permettant ainsi l’achèvement des travaux.
Le côté ouest de l’enceinte Bizenmaru offre un bel exemple du style de mur en pierre ôginokôbai construit par Ikeda Terumasa. Partant d’une base large, la structure en pierre monte abruptement, s’affinant près du sommet pour donner l’apparence d’un éventail ouvert (ôgi). L’effet incurvé est esthétiquement plaisant tout en rendant le mur extrêmement difficile à escalader. De telles techniques défensives, soigneusement calculées, ont valu au château de Himeji la réputation d’être impénétrable.
Forteresse sur la colline
Le joyau de la couronne du château de Himeji est son donjon principal. Une idée fausse concernant les châteaux japonais est que les seigneurs résidaient dans la tour centrale. Ce n’était en vérité le cas que quand l’édifice était attaqué. Sinon, les daimyô vivaient dans des résidences beaucoup plus confortables, en dessous du donjon. Au château de Himeji, celles-ci étaient situées dans la troisième basse-cour (sannomaru) et dans celle de l’ouest (nishinomaru), bien que ces structures n’aient pas réussi à subsister jusqu’à aujourd’hui.
Plus les étages du donjon sont élevés, plus ils deviennent étroits. Le dernier offre par ailleurs une vue panoramique sur les terrains du château et la ville environnante, en plus d’abriter un petit sanctuaire appelé Osakabe.
Les visiteurs peuvent également observer les sommets des deux grands piliers en bois principaux, le higashi-ôhashira et le nishi-ôhashira. Mesurant 24,6 mètres de long, ils soutiennent le donjon depuis près de 350 ans. Visibles depuis la fenêtre du donjon, plusieurs shachihoko, des créatures imaginaires représentant un poisson à tête de tigre, sont censées protéger le château contre les incendies et autres calamités.
Explorer le vaste complexe du château et les zones adjacentes demande un certain temps, mais déambuler représente une formidable opportunité de découvrir l’architecture traditionnelle et d’autres trésors culturels. Parmi les sites qui valent le coup d'œil autour du château, on trouve le magnifique jardin japonais Kôko-en et le parc commémoratif Shirotopia, offrant une vue splendide sur Himeji.
Le château de Himeji
- Addresse : 68 Honmachi, Himeji-shi, Hyôgo-ken
- Horaires : 9 h – 17 h (dernière entrée à 16 h)
- Fermeture : les 29 et 30 décembre
- Tarifs : 2 500 yens pour les non résidents au Japon, 1 000 pour les résidents
- Accès : à 15 minutes à pied depuis les gares JR Himeji et San‘yô Himeji et à 5 minutes à pied depuis l’arrêt de bus Himeji-jô Ôtemon Mae sur la ligne de bus Shinki.
(Reportage, texte et photos de Nippon.com)














