« Le Japon a fait plus pour les Palestiniens que la majorité des autres pays »

« Nous avons besoin d’aide », dit l’ambassadeur. « Nos besoins couvrent des domaines comme l’enseignement et les transferts de technologies. Peut-être sommes-nous catalogués comme terroristes, mais nous sommes des êtres humains dotés d’une longue histoire – il y a 10 000 ans de cela nous étions à Jéricho. Nous voulons montrer le côté humain des Palestiniens. »

C’est à cette fin, observe-t-il, que son ambassade promeut des initiatives en direction de la société japonaise, par exemple en partageant des recettes de cuisine palestinienne sur Internet, en hébergeant des événements musicaux ou cinématographiques, des ventes en ligne, et en mettant en œuvre toute une panoplie de moyens pour communiquer avec le citoyen japonais ordinaire.

« Au fil des ans, le Japon a donné environ 1,8 milliard de dollars aux Palestiniens, sous forme d’aide destinée à la fondation d’hôpitaux, d’établissements d’enseignements et de centres culturels. L’Archipel a fait plus pour les Palestiniens que la majorité des autres pays. » Waleed Siam souligne que l’aide japonaise à l’Égypte, la Jordanie, le Liban, la Syrie et d’autres pays arabes a elle aussi été chaleureusement accueillie. « Mais les Japonais portent la responsabilité du manque d’informations à ce sujet. Ils ne font pas assez de publicité. Ils doivent vraiment investir dans ce domaine. »

L’Archipel doit se monter plus sûr de lui

Cette lenteur et cette prudence s’étendent aux exportations culturelles du Japon, observe l’ambassadeur. « Dans le domaine du cinéma et de la télévision, la Corée du Sud s’est solidement implantée dans l’esprit des populations du monde arabe. Le Japon met longtemps à traduire sa production pour les marchés étrangers. »

Que recommande-t-il pour remédier à cela ? Le Japon doit se débarrasser de l’idée qu’il est un pays lointain – géographiquement, observe-t-il, le pays est plus proche que bien des destinations aux États-Unis – et dire haut et clair au monde arabe : « Nous voilà. Nous sommes le Japon, un ami sûr. »

Le Japon a toujours été un ami sûr pour ceux qui sont dans le besoin, dit-il en guise de conclusion.

(D’après un original en anglais basé sur une interview exclusive par la rédaction de Nippon.com du 18 mai 2021, et mis à jour le 3 juin. Photo de titre : le 15 mai, une frappe aérienne israélienne détruit la tour Jala, qui abritait Al Jazeera et Associated Press à Gaza. AFP/Jiji)