J’ai retrouvé le même sentiment chez une femme de 56 ans, qui vit elle aussi dans un logement d’urgence du même district : « Pour les enfants, nous avons l’intention de faire reconstruire une maison sur l’un des terrains viabilisés par la municipalité. Mais on nous dit que ce terrain ne sera disponible qu’au printemps 2018. Quel sera son prix à ce moment-là ? Impossible de le savoir, alors comment faire un budget dans ces conditions ? J’avais pourtant cru qu’on serait sortis de ces logements d’urgence maximum 5 ans après la catastrophe… De nombreux voisins ont fini par déménager chez leurs enfants, à Sendai ou à Ishinomaki ou ailleurs, dans des villes qui ont achevé plus rapidement l’aménagement de nouveaux terrains sûrs et reconstruits des logements sociaux publics. »
Peu de terrains en hauteurs, terrains rocheux
Alors que c’était ma cinquième visite à Onagawa, c’est la première fois que j’ai remarqué que la municipalité mettait autant l’accent sur le logement, depuis le sinistre. Néanmoins, alors même que le centre-ville et les quartiers résidentiels ont été extrêmement touchés, Onagawa, comparée à d’autres communautés sinistrées, ne possèdent que très peu de terrains appropriés à un développement urbanistique, sur des hauteurs suffisantes pour garantir la sécurité. D’autre part, le sol est essentiellement rocheux ce qui rend les travaux de terrassement plus difficile que prévu.
L’aménagement et l’urbanisation des terrains disponibles ne peuvent se faire non plus sans l’accord des propriétaires, dispersés dans tout le Japon, ce qui prend beaucoup de temps. Selon les informations de la municipalité, 28 % des logements sociaux prévus seront achevés à la fin de cette année, et le reste prendra encore deux ans, pour un achèvement total prévu fin 2018.
M. Suda Yoshiaki, maire de la ville déclare : « J’étais préparé au fait que la reconstruction prendrait énormément de temps, et que pendant ce temps la population diminuerait fortement. Mais assurer le logement des habitants demeure une priorité absolue. Il faut que les engins de terrassement adaptés soient introduits pour accélérer les travaux, en particulier pour les dynamitages des rochers, afin que les travaux s’achèvent le plus tôt possible. »
Contrairement à Sendai, depuis le séisme, la population a baissé, l’âge de ceux qui restent augmente, ce qui rend les perspectives préoccupantes. Car c’est vers la municipalité que les gens se tournent pour répondre aux attentes des sinistrés.
« Je veux que notre ville affronte le défi positivement », déclare le maire. Pour réaliser cet objectif, il est urgent d’assurer les bases, à savoir le logement des habitants.
(D’après un original japonais écrit le 24 février 2016. Photo de titre : Stèle aux victimes du séisme et du tsunami du 11 mars 2011, qui se dresse sur la côte d’Arahama, arrondissement de Wakabayashi à Sendai.)▼Nos dossiers spéciaux – 11 mars 2011
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