Donald Trump indécis dans ses rapports avec la Chine

L’administration Trump, désormais aux rênes de la politique américaine, va-t-elle maintenir les choix diplomatiques de son prédécesseur ? Pendant sa campagne, le candidat Trump n’a pas systématiquement fustigé la politique étrangère de l’administration Obama. Cependant, en clamant « L’Amérique d’abord » et en promettant de se retirer du TPP, il a clairement fait comprendre que l’unilatéralisme prendrait le pas sur l’internationalisme. Il s’est également prononcé pour une participation financière accrue des nations alliées en matière de sécurité, et, sur le plan économique, pour une taxation renforcée des importations de produits chinois.

Néanmoins, la possibilité existait qu’il passe divers accords avec des dirigeants étrangers. Dans ce contexte, on considérait que l’arrivée au pouvoir de M. Trump serait favorable à la Chine sur le plan sécuritaire, mais défavorable sur le plan économique. On estimait également que la candidate Hillary Clinton adopterait une attitude encore plus sévère que Barack Obama vis-à-vis de la Chine, ce qui faisait de M. Trump un partenaire plus flexible que sa rivale.

Après son élection, M. Trump a commencé à s’éloigner de son discours de candidat. Son intention de se retirer du TPP, affichée lors de son entretien avec le Premier ministre japonais Abe Shinzo en novembre 2016, reprenait l’un de ses engagements de campagne, mais certaines de ses actions ont surpris, comme par exemple son entretien téléphonique de décembre avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen ou ses propos provocants sur le principe de la « Chine unique ».

Du côté du personnel de la nouvelle administration, M. Trump a choisi comme ambassadeur en Chine le gouverneur de l’Iowa, Terry Brandstad, réputé proche de Xi Jinping. Il a cependant nommé au poste de secrétaire d’État le directeur exécutif d’Exxon Mobil, Rex Tillerson, un homme dépourvu d’expérience diplomatique mais qui a participé aux négociations avec la Chine sur la question de l’exploitation des gisements de gaz en mer de Chine méridionale. Le président élu a d’ailleurs critiqué à plusieurs reprises la Chine sur le dossier de la mer de Chine méridionale, à commencer par le problème de la capture du drone sous-marin américain, et il s’est également montré favorable à la stratégie de libre circulation dans ces eaux.

Ces paroles et ces actes montrent que la politique de M. Trump vis-à-vis de la Chine manque de réflexion, et que rien ne permet d’affirmer laquelle de ces deux grandes puissances se trouve en position de force ou de faiblesse. De plus, l’entretien téléphonique avec la présidente taïwanaise Tsai a révélé chez M. Trump une tendance à suivre à la volée les propositions d’une partie de ses conseillers et, de fait, une vision fluctuante. L’exercice du pouvoir apportera peut-être une certaine stabilité.