Comment faire survivre la production
À l’étranger, le matcha connaît un boom sans précédent. On le voit se décliner sous différentes formes, entre crèmes glacées, matcha latte, gâteaux au matcha… Comme l’avait anticipé Suzuki Shigehiko, « la saveur la plus parfumée au monde » fait parler d’elle, si bien que la télévision et les magazines s’y intéressent régulièrement. Des boutiques se sont même ouvertes à Tokyo et à Kyoto, où de longues files de clients curieux se déploient jour après jour.
Mais ce succès est pour autant loin de satisfaire Suzuki Shigehiko. La production nationale de thé est en pleine transformation, et ce n’est que le début. Elle a augmenté de façon spectaculaire à partir de 1965, pour atteindre un pic en 1975. Puis elle n’a cessé de diminuer depuis. De nombreux producteurs de thé prennent leur retraite, et la relève peine à être assurée.
Le boom du thé vert matcha a également profité aux producteurs étrangers qui proposent des produits bon marché. Pour certains, le matcha commercialisé n’en a que le nom : on retrouve même sur les étalages du sencha en poudre vendu sous le nom de matcha... « Il est alors primordial d’informer les consommateurs de la bonne qualité des produits japonais », déplore Suzuki Shigehiko.
« Les styles de vie et les goûts changent. Je pense qu’il faut mettre au point des techniques reposant sur des recherches et résultats scientifiques solides pour continuer d’innover et de découvrir des saveurs et une qualité qui seront plébiscitées par nos clients. Sans cela, nous ne survivrons pas. Vendre notre thé ne suffit pas. Il faut optimiser la demande et chercher les moyens de proposer des produits à valeur ajoutée. Il faut repenser l’industrie du thé dans son ensemble. »
L’avenir du thé vert
« Maintenant, lorsqu’un client se rend dans une entreprise, on ne lui sert plus que très rarement du thé avec une théière. La plupart, du temps ce n’est plus qu’une simple bouteille en plastique de thé vert. C’est justement pour cela que, comme pour le café, il est important de former des professionnels au service de thé préparé dans une théière », explique Suzuki Shigehiko.
« Aujourd’hui, Internet tient une place extrêmement importante dans la société, ce qui permet à de petites et moyennes entreprises même en zone rurale de se faire connaître dans le monde entier. Je réfléchis donc chaque jour à de nouveaux moyens de vanter les charmes de cette région qui m’a vu naître et grandir », nous confie-t-il.
Pour fabriquer la fameuse glace au matcha et le chocolat de Fujieda, il faut de la qualité, des connaissances, de la technique, une bonne stratégie de communication et l’envie de d’enrichir au possible sa région natale.
Informations
Boutique Nanaya
- Adresse : 141-1 Uchiseto, Fujieda-shi, Shizuoka 426-0076
- Horaires : 10 h à 18 h
- Fermé le mercredi, sauf si jour férié
- Site web:http://nanaya-matcha.com/
(Article écrit à l’origine en japonais. Reportage et texte de Doi Emi, de Nippon.com. Photos : Kawamoto Seiya, sauf mention contraire.)



