Des réalisations qui peuvent être vues par le plus grand nombre
Afin que le maximum de gens puissent découvrir les portraits de stars réalisés par M. Ôshita depuis 20 ans, le musée Jôyô de Mito a exposé cet été une cinquantaine de ses œuvres.
La conservatrice, Ôzone Makiko, explique ce qui l’a conduit à réaliser ce projet :
« Quand j’étais étudiante, j’allais souvent au cinéma en ville. Je me souviens très bien des enseignes de M. Ôshita. Mais aujourd’hui, les jeunes d’une vingtaine d’années n’ont jamais vu ces enseignes de films peintes à la main. Et ce serait si dommage que cette culture s’éteigne. C’est pourquoi j’ai voulu montrer ces œuvres à la jeune génération. »
Mais ce sont bien sûr les personnes âgées qui ont revu avec plaisir et émotion le visage des stars qui étaient si présentes du temps de leur jeunesse. On a même vu une visiteuse essuyer une larme devant le portrait de Ishihara Yûjirô, décédé il y a exactement 30 ans cette année.
Chaque jour, et pendant des années, une foule énorme sur le chemin du travail passait matin et soir devant les cinémas qui arboraient les enseignes peintes avec passion par M. Ôshita, en particulier devant le Mito Tôei.
« Admettons que j’aie réalisé de magnifiques tableaux à l’huile, vous pensez qu’elles auraient été vues par autant de monde ? J’étais si heureux que tant de gens puissent voir mes peintures. C’est ce qui me poussait à reprendre le travail dès le lendemain ! »
Depuis quelques années, M. Ôshita n’est plus aussi en forme qu’avant à cause de ses problèmes de cœur. Et pourtant, il lui arrive encore de remuer sa main droite au milieu de la nuit en dormant, comme si elle tenait un pinceau.
« Ça, c’est le reste de toutes ces années à peindre contre la montre, pour respecter la date limite… Quand je suis entré au Mito Tôei, son directeur m’avait demandé de peindre des enseignes et de continuer jusqu’à la retraite. Mais finalement, ce sont les cinémas qui ont fermé les premiers. C’est triste, mais j’ai le sentiment du devoir accompli », dit M. Ôshita avec le sourire.
(Reportage et texte d’Itakura Kimie, Nippon.com Photos : Ôkubo Keizô)

