Les moineaux

C’est la période de l’année où les moineaux (suzume) font leurs nids sous les avant-toits et les toits des maisons. Les Japonais ressentent une affinité pour ces oiseaux depuis les temps anciens. Ils apparaissent dans des comtes populaires comme « La maison du moineau » et « Le moineau à la langue coupée » et dans la chanson enfantine « L’école des moineaux ».

Une mère moineau et son petit
Une mère moineau et son petit

Les magnolias kobushi et mokuren

Le kobushi, une espèce de magnolia originaire du Japon, fleurit en mars et avril. Le nom anglais, kobus magnolia (magnolia kobus en français) vient du japonais. Au Japon, cette plante est aussi connue sous le nom de « fleur de cerisiers des labours », parce que l’apparition des premières fleurs signale aux agriculteurs que le moment est venu de labourer leurs champs et de se préparer à planter le riz. Mokuren est le nom japonais du magnolia à fleurs de lis (magnolia liliiflora), dont les fleurs un peu plus grosses, généralement blanches ou pourpres, s’ouvrent elles aussi au début du printemps.

Le kobushi (à gauche) et le mokuren pourpre, ou magnolia liliiflora
Le kobushi (à gauche) et le mokuren pourpre, ou magnolia liliiflora

Le sakuramochi

Le sakuramochi est une pâtisserie japonaise consommée au printemps. On dit que ce gâteau a été vendu pour la première fois a l’époque d’Edo, dans une maison de thé située à l’extérieur du temple Chômei-ji de Mukôjima, à Tokyo. Dans la région du Kantô (Tokyo et les préfectures environnantes), les sakuramochi sont constitués d’une pâte de haricots rouges azuki enveloppée dans une fine couche à base de farine de blé. Dans le Kansai (Osaka et ses environs), en revanche, la pâte de haricots rouges est fourrée avec des gâteaux de riz préparés avec de la farine de riz dômyôjiko. Dans les deux recettes, les sakuramochi sont enveloppés dans des feuilles salées de cerisier.

Sakuramochi préparés à la façon du Kantô (à gauche) et du Kansai
Sakuramochi préparés à la façon du Kantô (à gauche) et du Kansai

Les daurades festives

Au Japon, les daurades, ou tai, ont la réputation de porter chance, en raison de l’association que l’on fait entre leur nom et le mot medetai, qui veut dire « de bon augure ». La variété rouge madai, qui entre dans les eaux peu profondes et protégées à cette époque de l’année pour y pondre ses œufs, est aussi appelée sakuradai. Quand l’occasion s’y prête, on sert la daurade entière au printemps, lorsque elle est de saison. En automne, on l’appelle momiiji-dai, en référence aux feuilles d’automne. Lorsqu’elle atteint à peu près 50 ou 60 centimètres de longueur, elle est prête à être consommée.

Daurade rouge madai
Daurade rouge madai

Et n’oublions pas non plus que cette période correspond au début de l’année pour les entreprises et les écoles. En règle générale, les entreprises et les écoles japonaises observent un cycle annuel qui va du 1er avril au 31 mars. Ce système calendaire a été introduit à l’ère Meiji (1868-1912).

(Article supervisé par Inoue Shôei, chercheuse sur le calendrier et auteure, prêtresse shintô, professeure invitée à l’université Tôhoku Fukushi. Photo de titre : paysage de fleurs de cerisiers et fleurs de colza au parc Gongendô Tsutsumi, dans la préfecture de Saitama. Toutes les photos : Pixta)