Les cartables relient les enfants par-delà les frontières

Bien entendu, les cartables en trop mauvais états sont retirés, mais pas seulement : pour raison religieuse, les cartables en cuir de porc aussi. Les cartables sélectionnés sont ensuite inspectés et garnis d’articles de papeterie, offerts par des entreprises et autres donateurs, très souvent les donateurs de cartables eux-mêmes.

Des enfants participent également au tri et à la remise en état des cartables !

Les enfants viennent faire du bénévolat. De gauche à droite : Kô, Mirei, Hiroka
Les enfants viennent aussi faire du bénévolat. De gauche à droite : Kô, Mirei, Hiroka

Kô a 13 ans. C’est la troisième fois qu’elle participe au tri des cartables avant expédition. L’année dernière, dans l’énorme tas de cartables venus de tout le pays, elle avait retrouvé celui qu’elle avait envoyé elle-même. Cela l’avait mise en joie. « J’espère que l’on continuera à prendre soin de mon cartable que mes parents m’avaient offert », dit-elle en glissant des cahiers neufs dans un randoseru qui va être expédié.

Hiroka, 12 ans, a fait don de son cartable cette année. Ses yeux brillent de joie quand elle dit : « J’habite près d’ici, et chaque année, je voyais les bénévoles prendre part à cette initiative et je voulais vraiment y participer moi aussi. Alors pendant mes 6 ans d’école primaire, j’ai utilisé mon cartable avec une protection pour qu’il soit encore beau le jour où je devrais le donner. Je ne sais pas comment on utilise les cartables en Afghanistan, mais j’aimerais que les enfants d’une même famille puissent se le transmettre des grands vers les petits, de frère en sœur ou à leurs amis. »

Des articles de papèterie expédiés avec les cartables
Des articles de papeterie expédiés avec les cartables
Les bénévoles au travail, pour organiser les envois
Les bénévoles au travail, pour organiser les envois

Après la pause de midi, Mme Kai a projeté des photographies et des vidéos pour montrer la situation locale en Afghanistan. Un enfant pose une question : « Vous avez dit que le cartable sert aussi de bureau pour écrire. Mais comment ils faisaient quand ils n’avaient pas de cartable, alors ? » Mme Kai répond : « Ils posaient leur cahier par terre et ils écrivaient par terre ».

Les 70 bénévoles qui sont venus ce samedi-là ont commencé à travailler à 10 heures, et n’ont terminé leur journée que le soir. Leur plus grand espoir : que les sentiments et les vœux accompagnant l’envoi des cartables illuminent de la plus belle façon qui soit les visages des enfants afghans.

Des enfants afghans qui étudient directement sur leurs cartables quand l’école n’a pas de bureau.
Des enfants afghans qui étudient directement sur leurs cartables quand l’école n’a pas de bureau. (Photo avec l’aimable autorisation de JOICFP)

(Reportage et texte : Doi Emiko, Nippon.com. Photos : Daniel Rubio, Nippon.com, sauf mention contraire)