William Kamkwanba est à la fois un génie et un héros pour son pays, le Malawi, l’un des plus pauvres du monde. La prouesse qu’il a accompli à l’âge de 14 ans dans son village lui a valu une célébrité mondiale, en fabriquant une éolienne de ses propres mains. À l’occasion de la sortie au Japon du film basé sur son histoire, il en a profité pour adresser un message aux jeunes Japonais qui vivent dans un « pays favorisé ».
Porté par le vent dans le monde entier
Le Malawi est l’un des pays les plus pauvres du monde, et a souffert d’une violente sécheresse en 2001. William, qui avait alors 14 ans, a dû cesser ses études car ses parents n’avaient plus les moyens de les lui payer. Confronté à la menace de la famine, il s’est demandé s’il n’existait pas un moyen de trouver de l’eau. C’est après avoir découvert les éoliennes dans un livre qu’il a entrepris tout simplement... d’en bâtir une !
Il a trouvé les matériaux nécessaires sur des décharges, entre pièces de vélos, batterie de voiture, et autres panneaux en plastique. L’électricité produite par cette éolienne haute d’une dizaine de mètres, construite avec des branches d’eucalyptus ramassées dans la forêt a permis de pomper de l’eau souterraine. Le Malawi est particulièrement en retard en matière d’électrification, et seuls 4 % de ses villages y ont accès.
Cinq ans plus tard, son pays a découvert cet épisode miraculeux lorsqu’un journal local en a parlé. La nouvelle a ensuite attiré l’attention internationale. L’année suivante, en 2007, William Kamkwanba, qui avait alors 20 ans, a été invité à parler à la conférence TED Global (cette manifestation annuelle est consacrée aux questions de portée mondiale). Son incroyable histoire s’exportait alors dans le monde entier. Le Garçon qui dompta le vent, le livre qu’il a écrit avec l’aide d’un journaliste qui raconte sa prouesse, paru en 2010, est devenu un best-seller traduit en 23 langues. En 2013, William Kamkwamba figurait dans la liste annuelle du magazine Time des 30 personnes qui influencent le monde.

Un héros à la rencontre des collégiens japonais
Chiwetel Ejiofor, un acteur britannique, est un des lecteurs profondément marqués par l’histoire du jeune homme. Il lui a fallu près de dix ans pour réaliser le film basé sur le livre, son premier en tant que réalisateur, qui est sorti au Japon le 2 août. William Kamkwamba est venu à cette occasion sur l’Archipel à la fin du mois de juillet. Parmi les divers événements auxquels il a participé dans tout le pays figurait un cours exceptionnel au collège de Kôjimachi, dans l’arrondissement de Chiyoda à Tokyo.
William est bien connu des collégiens japonais, car un manuel d’anglais destiné aux élèves de troisième lui consacre un chapitre intitulé We Can Change Our World. C’est celui que les collégiens de Tokyo ont étudié à l’occasion de sa visite dont ils n’avaient pas été informés. La centaine d’adolescents rassemblés dans le gymnase du collège ont acclamé ce héros qu’ils voyaient en chair et en os.
Le cours exceptionnel s’est déroulé en anglais, langue dans laquelle les élèves lui ont posé des questions, avec l’aide d’un interprète quand il le fallait, afin de communiquer directement avec lui. Ils lui ont demandé de leur parler du Malawi et des problèmes qu’il avait dû surmonter pour construire son éolienne. William a répondu à toutes leurs questions, souvent avec humour.



