Que cherche-t-on au final ?
— Dans les autres entretiens que vous avez donnés à la presse, on a l’impression que les Jeux paralympiques de Tokyo revêtent une signification particulière pour vous ? Quelle en est la raison ?
F.S. Vous savez, c’est une chance qui ne se produit qu’une seule fois dans une vie. S’il n’y avait pas Tokyo en 2020, je crois que j’aurais raccroché après Rio en 2016. Faire mon meilleur combat à Tokyo à 45 ans… C’est limite, mais je crois que c’est encore possible. C’est une chance unique de combattre devant les gens qui se sont impliqués dans mon parcours, ici, chez nous. Jusqu’à maintenant, les personnes qui comptent pour moi ont rarement fait le déplacement de Tokushima à Tokyo pour me voir livrer combat… Cela m’est arrivé une fois, il y a deux ans. Et je peux vous dire que ça donne une pêche incroyable ! Ça m’a fait comprendre que c’était une raison suffisante pour me préparer pour les Jeux de Tokyo. Au début, j’avais simplement envie d’en être. Mais maintenant, je commence à comprendre ce que je viendrai chercher.
— Pour vous, l’année 2018, celle de votre sélection pour les JO de Tokyo 2020 a-t-elle revêtu une signification particulière ?
F.S Cela a été une année de défis à relever. Les règles ont changé et il m’a fallu désapprendre les automatismes que j’avais acquis et ça n’a pas été simple. Cela a bouleversé ma façon de concevoir le combat et son déroulement. Cette expérience ne s’acquiert que dans la compétition. Il faut donc combattre beaucoup, montrer de quoi on est capable, essayer des techniques, parfois échouer. Mais les échecs obligent à réfléchir à de nouvelles stratégies. Cela m’a occupé toute l’année, en fait.
Sans compter que l’année dernière j’ai participé à plusieurs compétitions à l’étranger et que je me suis blessé, mais l’aspect positif est que cela m’a aidé à évoluer. Je me suis cassé une côte à Jakarta, mais à l’occasion d’une conversation avec mon entraineur à ce propos, nous avons eu une discussion d’une très grande profondeur. Si avant, j’étais « motivé », je suis désormais « acharné ».
Bien sûr, avec tous les obstacles qu’il m’a fallu surmonter, je ne suis pas vraiment satisfait des résultats de l’année dernière, mais pour moi, l’important est de gagner à la fin. À quoi servirait d’avoir une préparation parfaite si ce n’est pas pour attraper une médaille à Tokyo, franchement ? Il me faut la victoire. Parce que c’est ça l’important !
Photos : Ninagawa Mika
Interview et texte : Zoshigaya Senichi
(Traduction d’un extrait d’un article paru dans GO Journal)

