La sitcom, une « hérésie » au Japon ?
« Une sitcom, fondamentalement, c’est une comédie de dialogues. Tout l’intérêt réside dans les dialogues et les relations entre les personnages. Or, le genre de la comédie prend difficilement au Japon. Si vous demandez de citer un film comique typiquement japonais, j’aurais vraiment très peu de titres à vous proposer. Réaliser une comédie, en soi, est une sorte d’hérésie au Japon. Et dans le genre de la comédie, le sous-genre de la sitcom dont tout l’intérêt réside dans les dialogues, existe encore moins. C’est l’hérésie de l’hérésie. »
Pourtant, les comédies de Mitani sont très bien reçues à l’étranger. Radio no jikan, l’adaptation au cinéma qu’il a lui-même réalisée à partir de sa pièce de théâtre, a reçu le Prix spécial du jury au Festival international du film de Berlin. Comment Mitani Kôki a-t-il reçu cette récompense ?
« Lors de la projection du film à Berlin, j’étais au dernier rang dans la salle. Les spectateurs riaient beaucoup. Ils riaient plus souvent que dans les salles de cinéma japonaises. Et quand la lumière est revenue, quelle surprise de voir que tout le public était allemand ! »
The Uchôten Hotel (2006), ainsi que Suteki na kanashibari (2011), ont également été distribués à Taïwan et en Corée.
« Galaxy Kaidô est aussi construit sur les dialogues, mais ne contient pas de jeux de mots strictement japonais. Avec une bonne traduction, je pense qu’il peut plaire dans le monde entier. »
Un scénariste fan de cinéma
Pendant les deux ans qui ont séparé ce film de son film précédent Kiyosu kaigi, Mitani Kôki a écrit plusieurs scénarios, réalisé des films télé, mis en scène des pièces de théâtre.
« Je reste avant tout un scénariste metteur en scène. Plus qu’un réalisateur de cinéma, je suis surtout un fan de cinéma. Le plus important pour moi est de continuer à écrire des scénarios. Je me débrouille toujours pour garder du temps pour ça. Si je n’écris pas, je ne peux pas tourner de films, je ne peux pas mettre en scène de pièces de théâtre non plus. »
Actuellement, il travaille sur le scénario de la série de téléfilm historique de la NHK, Sanadamaru, qui doit passer sur les ondes dès janvier prochain.
« Maintenant, j’en suis à écrire un épisode par semaine, je passe presque toutes mes journées à écrire. »
Bien qu’extrêmement occupé, il souhaite continuer à tourner un film tous les deux ou trois ans, pour le plaisir. C’est pour cela que ses rêves de cinéma sont inépuisables.
« Je ne veux pas devenir autre chose que ce que je suis : un scénariste qui tourne ses propres scénarios. Ce qui m’intéresse, c’est travailler des genres qui me plaisent en tant que fan de cinéma. Alors comme j’ai déjà fait un film de samouraï et un film de SF, la prochaine fois je voudrais faire un film muet, ou un film de guerre, ou une comédie musicale… »
Galaxy Kaidô finit d’ailleurs sur une scène chantée. Une comédie musicale signée Mitani Kôki serait-elle dans l’air ?
(D’après un article en japonais du 23 octobre 2015. Photo de titre : Mitani Kôki dirige Ayase Haruka, l’interprète de Noé dans Galaxy Kaidô. © 2015 Fuji Television and Tōhō.)

