Tout ce qui aide à faire connaître sa start-up

En décembre 2018, Sun a fondé BionicM. L’année suivante, University of Tokyo Edge Capital Partners (UTEC), une société de capital de risque qui soutient les jeunes compagnies de l’Université de Tokyo, a investi dans BionicM. Le bureau de la compagnie est situé dans un incubateur pour start-up situé sur le campus universitaire.

BionicM est situé dans l’incubateur de l’Université de Tokyo.
BionicM est situé dans l’incubateur de l’Université de Tokyo.

« Avec une start-up, vous partez de rien, vous n’êtes qu’une entité inconnue, et il est difficile de soulever des fonds. Notre approbation en tant que projet de recherche et développement issu de l’Université de Tokyo nous a permis d’obtenir la reconnaissance du monde de l’entreprise », déclare Sun. Ce dernier ajoute que c’est seulement parce qu’il a pu se servir de la réputation de l’Université pendant ses trois premières années, ainsi que grâce à l’apprentissage de la robotique au laboratoire, aux différents bâtiments et outils à sa disposition, et aux réalisations des autres chercheurs qu’il a réussi à mettre sa jambe sur le marché deux ans seulement après avoir fondé sa compagnie.

En 2020, Sun a soulevé un total de 550 millions de yens (4,24 millions d’euros) grâce à une attribution d’actions gérée par un tiers. Au même moment, il décide d’établir une filiale à Shenzhen afin de gérer les opérations de l’entreprise en Chine. Il dit vouloir mettre son invention sur le marché pour les utilisateurs de prothèses du monde entier, en commençant par le Japon et la Chine.

Bientôt, un monde de mouvements libres pour tous

BionicM comprend actuellement 17 employés qui amènent avec eux une variété de connaissances et de compétences dans de nombreux domaines, dont notamment l’électronique, le développement de logiciels, la physiothérapie, et l’ « installation de prothèses » (une qualification reconnue par l’État pour les fabricants de prothèses). Conjuguant leurs atouts respectifs, ces employés ont travaillé en équipe pour développer une jambe bionique.

Sun joue au football avec une prothèse qu’il a lui même conçue.
Sun joue au football avec une prothèse qu’il a lui même conçue.

Bien que la plupart des enjeux techniques aient été résolus, un grand défi subsiste : celui de réduire les coûts.

Les membres artificiels sont en général des objets particulièrement coûteux, avec un prix qui peut varier de plusieurs dizaines de milliers de yens à près de un million. Les seules prothèses motorisées actuellement disponibles sont fabriquées par une compagnie islandaise, et coûtent chacune plus de 10 millions de yens (77 000 euros).

« Nous réfléchissons toujours au prix. Il sera difficile de lancer une jambe bionique qui soit peu coûteuse. Nous souhaitons toutefois toucher le plus d’utilisateurs possibles, et par conséquent, nous aimerions réduire au maximum les frais et le prix final. Nous devons être innovants, non seulement en terme de technologie, mais également pour notre business. Nous allons étudier les arrangements possibles pour que nos clients puissent acheter des prothèses plus facilement, notamment les options de financement ou de location. »

Si l’inventeur se concentre actuellement sur le fait d’avoir un ancrage sur le marché des prothèses, dans le futur, il pense offrir une vaste variété de service ainsi que de nouveaux produits.

« Notre membre bionique est truffé de capteurs qui collectent les données de la démarche de l’utilisateur sur une base journalière. En analysant ces données, on peut visualiser la manière de marcher, par exemple, comment le poids est réparti entre la jambe gauche et droite, si les articulations du genou se plient correctement, et si les mouvements de l’usager sont similaires à ceux d’une personne valide. » En renvoyant l’information aux utilisateurs, on peut leur conseiller de meilleures manières de marcher. Il y a de nombreuses possibilités d’utiliser ces données. »

Sun déclare également qu’en plus des prothèses, il souhaite développer des appareils de mobilité et des combinaisons motorisées qui pourraient aider les personnes fragiles et âgées à marcher.

« Il est tout à fait possible d’utiliser la technologie robotique pour développer un outil qui puisse compléter les articulations des joints pour les patients âgés afin de les aider à marcher. Je pense qu’il est également possible de créer un costume motorisé que vous pourriez porter comme un pantalon, contrairement aux combinaisons actuelles utilisées dans les centres de réhabilitation qui doivent se porter sur tout le corps. Un tel outil serait rigoureusement employé pour aider les gens dans leur vie quotidienne. »

Sun conclue : « Je pense avoir une mission claire, celle de créer un monde dans lequel les personnes en situation de handicap ou âgées pourront marcher librement et être indépendantes. »

(Texte et interview de Itakura Kimie, de Nippon.com. Photo de titre de Nippon.com. Toutes les autres images sont avec l’aimable autorisation de BionicM.)