Les fans toujours de plus en plus charmés par Gundam
Une autre innovation de Tomino est le « Siècle Universel » (Universal Century en anglais), un calendrier fictif qui sert de toile de fond historique au récit. L'histoire se déroule à une époque imaginaire de colonisation spatiale, plus précisément au cours d'un conflit connu sous le nom de guerre d'indépendance de Zeon. Mais Tomino fait clairement comprendre que ce conflit fait partie d'une longue chronologie qui remonte à un passé lointain et continue dans un avenir indéterminé. Ce contexte temporel confère à la série une dimension épique qui a été la clef de son succès.
Même après la fin de la série télévisée, l'univers de Gundam a continué de s'élargir dans l’esprit des fans. Ces derniers achetaient des figurines des mobile suits qu'ils personnalisaient eux-mêmes en les peignant ou en ajoutant des détails. Par ailleurs, la mise en service de ces modèles réduits figurait dans l'année du Siècle Universel : un élément qui donnait aux fans la possibilité de s'imaginer de nouvelles intrigues en dehors de la série télévisée. Tomino a plus tard publié un manga et un roman basé sur l’anime original qui ont apporté de nouvelles informations sur l’histoire de Gundam.
Il ne fait aucun doute que l'originalité de Gundam a permis à l'univers créé par Tomino de s’élargir bien au-delà de ce qu'il avait initialement imaginé. Les fans étaient libres d'inventer des événements en dehors de ceux décrits dans la série télévisée originale en laissant libre cours à leur propre imagination. Autre point important : un élément-clef qui continue d'attirer un nouveau public même aujourd’hui est que Gundam est fondamentalement un récit initiatique. La série suit le jeune et innocent Amuro Ray, qui se retrouve épisode après épisode confronté à la violence de la guerre, la mort et l'absurdité du comportement des adultes. À un moment, il est submergé par des vives émotions qu'il ne peut contenir et qu’il laisse exploser, et à un autre, il tisse des liens profonds avec ses amis dans son combat pour sauver le monde.
Au fil du récit, une lueur d'espoir se dessine dans l'obscurité : celui que l'humanité pourra échapper à son cycle sans fin de guerre et de destruction et entamera une transition vers un nouvel âge de paix, de coopération et de compréhension. Au centre de cette idée, on retrouve les « newtypes », dont fait partie Amuro : des êtres humains qui ont développé des capacités psychiques supérieures afin de s'adapter à la vie dans l'espace ; leurs esprits évolués symbolisant le potentiel de l'humanité de changer le cours de son destin. Ce faible espoir scintille comme une étoile lointaine sur les scènes violentes des batailles des mobile suits, qui représentent une grande partie de la série.
Amuro est un personnage attachant et l'histoire de ses exploits, racontée dans un style proche du documentaire, fait de Gundam un récit initiatique captivant. En regardant la série, on réalise que lorsqu'il affronte ses adversaires, la violence n’est jamais gratuite : il se bat avant tout pour améliorer sa situation. Le message le plus inspirant de la série est sans doute que, grâce à l'espoir, l'humanité peut atteindre son plein potentiel. C'est cette idée qui a permis à la franchise de se réinventer tant de fois. Gundam a été le premier anime de ce type à proposer une structure narrative complexe et stimulante. Ses thèmes continuent de résonner en nous, même après quarante ans d'existence.
(Photo de titre © Sôtsû / Sunrise)


