Kyoto et le tourisme durable

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) s’est tenue à Kyoto en 1997, et l’établissement du Protocole de Kyoto a créé un lien entre la ville et l’action environnementale mondiale. Kyoto se trouve aussi au cœur des efforts pour la réalisation d’ici 2030 des Objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD).

Le Protocole de Kyoto, adopté en 1997,  est le premier pacte international visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre. (Jiji)
Le Protocole de Kyoto, adopté en 1997, est le premier pacte international visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre. (Jiji)

L’expression sanshi suimei décrit les « montagnes pourpres » qui reflètent le soleil et les « eaux limpides » du Kyoto historique. En clair, elle désigne la beauté des paysages. Les collines avoisinantes sont observables même du centre de la ville.

Kyoto est aussi une ville d’eau, avec les nombreux ruisseaux qui la parcourent, comme ceux de l’enceinte du sanctuaire Shimogamo. Les jardins traditionnels japonais, qui ont atteint leur apothéose à Kyoto, utilisent la technique du shakkei, qui « emprunte » les paysages extérieurs au jardin de sorte à le faire resplendir davantage en plein dans une atmosphère urbaine.

Malgré son industrialisation et sa population de plus d’un 1,4 million, Kyoto donne toujours l’impression que le monde de la nature n’est pas si éloigné.

Une plateforme permet de profiter de la fraicheur des eaux courantes de la rivière Kibune tout en se restaurant. Photo faite en 2009. (Jiji)
Une terrase permet de profiter de la fraicheur des eaux courantes de la rivière Kibune tout en se restaurant. Photo de 2009 (Jiji)
Le jardin du Shisen-dô, un temple qui, à l’origine, était une villa appartenant à Ishikawa Jôzan, un vassal du shogun Tokugawa Ieyasu. Photo de 2016 (Jiji)
Le jardin du Shisen-dô, un temple qui, à l’origine, était une villa appartenant à Ishikawa Jôzan, un vassal du shogun Tokugawa Ieyasu. Photo de 2016 (Jiji)

De nos jours, le développement durable s’associe non seulement à l’environnement mais aussi au tourisme culturel. Une conférence à ce sujet a été organisée en décembre 2019 par l’Organisation mondiale du Tourisme et l’Unesco, au centre international de conférence de Kyoto. Les ministres du tourisme faisaient partie des 1 500 participants, venus de 70 pays pour des discussions sur le thème « Investir dans l’avenir : le tourisme, la culture, et les objectifs de développement durable ». À cette occasion, Kadokawa Daisaku, le maire de Kyoto, a présenté le modèle d’une ville qui cherche à établir des liens entre les collectivités locales, la culture, et le tourisme, tout en achevant les objectifs de développement durable et abordant le problème du surtourisme.

La pandémie de Covid- 19 a presque complètement interrompu le tourisme international, mais le moment viendra où les visiteurs du monde entier seront de retour dans les rues de Kyoto. C’est à ce moment que le modèle de Kyoto pour le tourisme durable attirera à nouveau l’attention.

(Photo de titre : un jardin de mousse et de pierres conçu par Shigemori Kei [1896-1975] au temple Tôfuku-ji de Kyoto. Aflo)