Les maisons closes d’Edo
Les citoyens ordinaires s’offraient les services des shinzô de rang inférieur. On ne dispose pas de données précises, mais, sachant que le tarif minimum pour une oiran équivalait à 25 000 yens (180 euros), le prix à payer pour les shinzô devait être inférieur à cette somme.
Les tomesode shinzô commençaient à travailler à 15 ans, tandis que les furisode shinzô commençaient un peu plus tard, à 17 ans, et avaient la possibilité de s’élever au rang d’oiran, ce qui leur conférait un statut légèrement supérieur. L’estampe ci-dessous représente une shinzô dont la parure — kimono, chevelure et accessoires — est plus modeste que celle des courtisanes de plus haut rang.
Les shinzô s’exhibaient devant leurs clients assis dans le harimise, une pièce du premier étage de la maison close ornée d’une devanture à claire-voie. Les harimise s’alignaient tout au long de la rue principale de Yoshiwara.

Une fois leur choix fait dans le harimise, les clients montaient à l’étage en compagnie des travailleuses du sexe.
Au premier étage, se pressaient les prostituées, les clients et les serviteurs. La coutume étaient de commencer par partager une coupe de saké, mais certains clients, avides de passer à l’acte, sautaient cette étape. Sachant que les oiran disposaient d’une résidence qui leur était réservée à l’arrière de l’établissement, on peut en déduire que les filles représentées sur cette estampe sont de rang inférieur, et que les chambres sont probablement des mawashibeya utilisées à tour de rôle par les couples.
En ce qui concerne les habitudes de Morisada à Yoshiwara, on en est réduit aux spéculations. Mais, étant donné qu’il a vécu pendant un certain temps une vie de célibataire à Edo, il n’est pas exclu qu’il ait été un client régulier. Ses estampes témoignent de l’acuité de son attention aux détails...
(Voir également notre article : Yoshiwara, quartier des plaisirs et berceau de la culture d’Edo)
(Illustration de titre : une prostituée de Yoshiwara en tenue d’intérieur. Tirée du « Manuscrit Morisada » [Morisada mankô]. Avec l’aimable autorisation de la Bibliothèque nationale de la Diète)


