L’inégalité des conséquences sur chacun reste inquiétante

Quels pourraient être les conséquences du port du masque prolongé chez les enfants au niveau de la santé ? Selon Yamaguchi, pour le moment, les experts occidentaux pensent qu’il n’y aura pas d’effets indésirables majeurs, tels que des difficultés à respirer ou même des répercussions au niveau social or psychologique.

Pour elle, le problème principal serait plutôt l’inégalité des conséquences sur chacun.

« Par exemple, même quand il est nécessaire de porter le masque en dehors de la maison, les enfants ayant des familles qui communiquent bien bénéficient de relations ordinaires chez eux. Par contre, dans des situations familiales difficiles, où les membres d’une famille ne communiquent pas de façon adéquate, l’impact de porter un masque pourrait être bien plus grave. Si la famille a des problèmes financiers, le niveau de stress des parents pourrait être plus élevé. Si les heures de travail des parents sont longues et qu’ils rentrent chez eux tard et fatigués, les enfants auraient moins la possibilité de communiquer sans masque. »

Le problème s’étend au delà de la famille immédiate. Le degré de l’impact serait aussi lié aux relations que les enfants entretiennent avec leurs amis et enseignants à l’école ou dans leur communauté. « Je suis convaincue qu’il nous faut réfléchir à tout ça de plus près. »

Tirer des leçons de la pandémie

Entre avril 2020 et décembre 2021, Yamaguchi et ses collègues du Centre national pour la santé et le développement des enfants ont mené sept sondages en ligne parmi des enfants du CP au lycée.

« Nous avons toujours cru que plus les enfants grandissent, plus ils ressentent de l’angoisse, et plus le risque d’automutilation s’aggrave. Notre enquête a confirmé cette tendance, mais nous nous sommes aussi rendus compte que beaucoup d’enfants plus jeunes pouvaient souffrir d’anxiété et qu’un bon nombre cherchaient à se faire violence. »

Yamaguchi remarque que de nombreux sondages menés pendant la pandémie ont mis à jour le niveau élevé de stress des enfants. « Je suis convaincue que pour ceux à l’approche de l’adolescence, il faut absolument adopter des démarches préventives aussitôt que ce genre de problème se manifeste, bien avant que cela n’évolue en pathologie sérieuse. »

Un sondage à échelle nationale mené par le MEXT a démontré que le nombre d’élèves en cycle élémentaire refusant d’aller à l’école pendant plus de 30 jours en 2021 a battu un nouveau record, avec 244 940 enfants. Cela indique que l’isolement des personnes a pris de l’ampleur avec la pandémie qui a trainé en longueur, et que certains enfants se trouvent confrontés à des doutes et problèmes sans aucun soutien. Le harcèlement dans les écoles a aussi battu un nouveau record à tous les âges.

Malgré les répercussions négatives, Yamaguchi pense qu’il est nécessaire de réfléchir aux enseignements tirés de la pandémie.

« Nous avons réussi à mettre en place des programmes d’étude pour les enfants, et même augmenté les possibilités par le biais de mesures comme des cours en ligne, des horaires de classe échelonnés, et des classes plus petites. Par exemple, même les élèves qui ne viennent pas à l’école peuvent suivre des cours en ligne et participer à la vie scolaire. Les horaires échelonnés proposent une solution alternative pour les enfants qui n’arrivent pas ou plus à se lever tôt.

Yamaguchi pense qu’il n’est pas nécessaire de tout refaire comme avant. « J’espère que nous pourrons tirer les leçons de la pandémie et appliquer certains de ces changements pour le bien des enfants. Nous avons là une occasion de revoir l’environnement scolaire en écoutant attentivement ce que nous confient les enfants au sujet des masques et autres problèmes, et en respectant leur liberté de choisir.

(Texte d’Itakura Kimie, de Nippon.com. Photo de titre : Pixta)