Le festival Sôma Nomaoi
(En 2025, du 24 au 26 mai, villes de Sôma et Minami-Sôma, préfecture de Fukushima)
Le Sôma Nomaoi est un festival plus que millénaire, avec des origines qui remontent au guerrier rebelle, Taira no Masakado (903-40). Il est dit qu’il préparait ses soldats au combat en leur demandant de chasser et attraper des chevaux sauvages qui représentaient l’ennemi. Pour dissiper les soupçons de rébellion de la cour impériale, il faisait amener les chevaux aux sanctuaires et prétextait que c’était pour un « festival ». Le clan des Sôma, descendu du grand guerrier qu’était Masakado, a perpétué cette tradition au fil des siècles, et aujourd’hui, Sôma Nomaoi demeure comme l’un des grands spectacles de la fin du printemps dans la région de Fukushima .
Au matin du premier jour, le festival démarre avec la cérémonie de bienvenue, sôdaishô omukae, qui se tient au sanctuaire de Sôma Nakamura. De là, le commandant et ses guerriers à cheval se rendent vers le site de Hibarigahara, où se tient la grosse partie du festival. Cette parade reconstitue une troupe à cheval partant à la guerre.
Le deuxième jour, plus de 400 chevaux et cavaliers venant des alentours défilent le matin. Ils sont vêtus de katchû, l’armure traditionnelle du Japon, des sabres à la main, avec des étendards ornés de blasons familiaux ou autre, et forment un ensemble impressionnant. L’après-midi, les cavaliers enlèvent leurs casques kabuto pour participer à une série de courses sur 1 000 mètres appelées katchû keiba. Ensuite vient le shinki sôdatsusen où des petits étendards sont lancées en l’air à l’aide de feux d’artifice, et les cavaliers cherchent à les attraper à la descente dans une mêlée frénétique de chevaux.
La partie la plus importante du festival a lieu le troisième jour. C’est le nomakake, ou capture de chevaux sauvages. Des bêtes sans harnachement sont menées par des cavaliers vers un enclos dans le sanctuaire Odaka de Minami-Sôma. Là, des jeunes habillés tout en blanc essayent de capturer un cheval à mains nues pour ensuite l’offrir au sanctuaire.
Grâce à ce festival, les chevaux sont ancrés dans la vie de Sôma, avec des familles qui élèvent depuis des générations et de nombreux clubs hippiques. Beaucoup de familles ont cependant perdu leurs chevaux lors du séisme et du tsunami du 11 mars 2011. Cette année-là, le festival a quand même eu lieu, mais à petite échelle, avec seulement les cérémonies religieuses. Le commandant a annoncé lors de la cérémonie de bienvenue : « Portés par l’esprit des samouraïs, nous arriverons à vaincre séismes, tsunamis, et même catastrophes nucléaires. » L’année suivante 400 cavaliers ont participé devant 40 000 spectateurs.
(Photo de titre : la course Katchû au festival Sôma-Nomaoi. © Haga Library)



