Koguchi (l’entrée du château)

Le koguchi était l’entrée du château et de par sa nature, un point faible. À la base, on l’écrivait 小口 en japonais, signifiant « petite bouche (entrée) », mais le premier idéogramme a plus tard été modifié en 虎口, soit « bouche du tigre », pour indiquer le danger qu’il y avait à pénétrer dans l’édifice...

Le koguchi était en fait un sas en forme de chicane pour piéger les agresseurs. Une fois à l’intérieur, les soldats ennemis se retrouvaient face à des passages sinueux, ce qui les ralentissait. Les défenseurs pouvaient alors leur tirer dessus par les yazama (archères) à partir des tours (yagura) ou des murs d’enceinte. Ces passages incurvés étaient appelés kuichigai-koguchi (entrée divergente).

Le kuichigai-koguchi du château de Hachiôji, à Tokyo. Non seulement il se courbe jusqu’au Goshuden (centre, en haut) mais il est aussi en pente. (Pixta)
Le kuichigai-koguchi du château de Hachiôji, à Tokyo. Non seulement il se courbe jusqu’au Goshuden (centre, en haut) mais il est aussi en pente. (Pixta)

Ce système d’entré a évolué en un format appelé le masugata koguchi : on mettait en place un square clos où l’ennemi était attiré. Il y avait des murs sur deux des côtés, le koguchi sur le troisième et une porte d’entrée vers le château sur le quatrième côté. L’ennemi avançait par le koguchi et se trouvait piégé à l’intérieur.

Le masugata koguchi du château d’Imabari, dans la préfecture d’Ehime. L’espace carré servait à piéger l’ennemi. (Pixta)
Le masugata koguchi du château d’Imabari, dans la préfecture d’Ehime. L’espace carré servait à piéger l’ennemi. (Pixta)

Mon et yagura (la porte et les tours de guet)

La porte (mon) à l’entrée du château était aussi très importante.

Souvent, on construisait des yagura-mon, ou portes avec tour de guet, dans les châteaux japonais, qui permettaient de viser les soldats ennemis d’en haut. Vu leur capacité défensive, les yagura-mon étaient souvent installés à l’entrée principale ôte-mon ou à l’entrée de l’enceinte principale (honmaru).

Le yagura-mon de la troisième enceinte (sannomaru) des ruines du château de Saiki, dans la préfecture d’Ôita. (Pixta)
Le yagura-mon de la troisième enceinte (sannomaru) des ruines du château de Saiki, dans la préfecture d’Ôita. (Pixta)

On appelle tamon-yagura les longues tours de guet horizontales construites par-dessus les portes. Le nom vient du château de Tamon, à Nara, où Matsunaga Hisahide, un chef de guerre de la période des Provinces en guerre, en a édifié pour la première fois. L’avantage était que la structure pouvait abriter un grand nombre de soldats. Cependant, plus la tour était longue, plus elle était lourde, alors au fil de temps elles ont davantage été construites sur les murs en pierre (ishigaki), et sont devenues des structures défensives indépendantes de la porte (mon).

Le tamon-yagura du château de Fukuoka est à deux étages et relié à une structure dite nagaya de 54 mètres de long. (Pixta)
Le tamon-yagura du château de Fukuoka est à deux étages et relié à une structure dite nagaya de 54 mètres de long. (Pixta)

(Photo de titre : deux styles de murs en pierre au château de Kumamoto. Au premier plan, un mur construit par Katô Kiyomasa, et à l’arrière-plan, un mur qui date de l’époque du clan Hosokawa. Lorsque les Hosokawa étaient au pouvoir, une technique d’empilage en zigzag appelée sangizumi a été développée, qui permettait d’empiler les pierres sur des pentes plus raides. Pixta)