La ressurection d’un village

Devant le spectacle de leur ville ensevelie, le petit groupe de survivants s’accordèrent un temps pour pleurer leurs pertes. Mais la reconstruction ne tarda pas. Kanbara put compter sur les secours des hameaux voisins, portés par leurs dirigeants, qui s’efforcèrent de procurer nourritures, abris. Ils se rendirent même jusqu’à Edo, la capitale (l’ancien nom de Tokyo), afin de réclamer au gouvernement des fonds de soutien.

Une fois que les besoins primaires furent assurés, le rétablissement de la ville devenait la première des priorités. Ainsi, ce serait à travers mariages et adoptions que les veuves, veufs et orphelins prendront part à un nouveau ie, la structure familiale traditionnelle japonaise durant l’époque d’Edo, sous la direction d’un magistrat local. Pour ce faire, toutefois, il a fallu abandonner le système hiérarchique préexistant à Kanbara, une tâche essentielle à accomplir dans une période où les rangs de chacun étaient clairement établis. Au mois d’octobre, trois mois après le désastre, une série de sept mariages a eu lieu tout en sobriété (les apparats ont dû être empruntés aux villes voisines) dans une des quelques habitations encore debout de la ville. De nouvelles unions suivirent et en quelques mois, une nouvelle communauté naissait. Des maisons, des auberges et une nouvelle route principale virent le jour. Un canal fut également creusé pour l’acheminement des besoins quotidiens et l’approvisionnement en eau des chevaux de traits.

Une carte de l’époque, représentant le village de Kanbara après la reconstruction (photo avec l’aimable autorisation du musée d’histoire de Tomagoi).
Une carte de l’époque, représentant le village de Kanbara après la reconstruction (Photo avec l’aimable autorisation du musée d’histoire de Tsumagoi)

Les fouilles archéologiques ont pu mettre à jour une large variété d’artefacts datant de l’éruption, comme des assiettes et bols en céramique, des accessoires de toilettes, ou encore des statues et autres reliques bouddhiques. Des restes des corps des victimes ont également été découverts, donnant des indications sur la manière dont les habitants vivaient juste avant la catastrophe.

Les restes d'une maison ainsi qu’une meule (en bas à droite), déterrées lors des fouilles en 1979  (photo avec l’aimable autorisation du musée d’histoire de Tomagoi)
Les restes d’une maison ainsi qu’une meule (en bas à droite), déterrés lors des fouilles en 1979 (Photo avec l’aimable autorisation du musée d’histoire de Tomagoi)

Cela fait désormais plus de 230 ans qu’un office tenu par les habitants de Kanbara a lieu chaque année dans le pavillon Kannon, afin de rendre hommage à ceux dont le volcan a ôté la vie. Un petit musée en mémoire du tragique événement a par ailleurs vu le jour, le musée d’histoire de Tsumagoi. Il s’y trouve les objets déterrés par les archéologues qui ont bravé le temps. Certains des artefacts sont aussi exposés au pavillon Kannon.

Cependant, les plus poignants souvenirs du désastre reste l’escalier en pierre, qui est désormais enseveli jusqu’à la 15e marche, et bien sûr, le mont Asama lui-même, imposant, sublime, et silencieux à l’horizon…

Informations complémentaires

Le musée d’histoire de Tsumagoi

Adresse: 494 Ôaza Kanbara, Tsumagoi-mura, Agatsuma-gun, Gunma-ken 377-1524

(Photo de titre : le mont Asama et en première plan, le parc volcanique Oni-oshidashi. Photos de Nippon.com, sauf mention contraire)