
Le fléau des attouchements en public au Japon (« chikan ») : les victimes n’osent pas réagir
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Le Bureau du cabinet a mené sa toute première enquête sur les attouchements en public, en interrogant 36 231 personnes âgées entre 16 et 29 ans. Environ 10,5 % d’entre elles (dont près de 90 % de femmes) ont répondu avoir déjà été victimes de chikan, qui est le terme japonais employé pour désigner ces agissements mais aussi l’auteur de ces actes.
Ce sondage a été mené en février 2024 à partir d’une série de mesures énoncées en mars de l’année dernière par le gouvernement et l’Agence nationale de la police. Objectif : éradiquer ce fléau, qui a principalement lieu dans les transports en commun.
L’enquête s’est ensuite concentrée sur les déclarations de 2 346 victimes.
Parmi les endroits cités où elles ont subi le chikan, le « train » a été la réponse la plus fréquemment donnée, avec 62,8 % ou « dans une gare » avec 7,2 %. 13 % ont répondu « dans la rue » et 4,3 %« dans des magasins et boutiques (centres commerciaux…) ». S’agissant du type d’attouchements, une grande majorité (73,6 %) ont répondu « par-dessus les vêtements », suivi de 29,7 % qui ont confié que « l’agresseur s’est frotté à elles ».
Pour la majorité des personnes, la loi du silence a prévalu, confiant avoir été incapables de réagir. « C’est arrivé si vite, je n’ai rien pu faire » ont déclaré 42,7 % des personnes interrogées, « Je n’ai pas pu bouger car j’avais trop peur » pour 32,5 % d’entre elles et « J’ai subi l’acte d’agression » pour 30,3 %.
En ce qui concerne l’aide apportée aux victimes par des personnes à proximité ou au moment de l’agression, dans les deux cas, les personnes qui ont « aidé la victime à changer de place pour s’échapper » ou « ont parlé à la victime » représentaient plus de 30 %. D’autres ont agi de façon plus directe ; 14,7 % « ont fait pression sur l’agresseur pour qu’il arrête » et 9,6 % « ont pris l’agresseur sur le fait ». Cependant, dans 22,4 % des cas, les personnes à proximité témoins de la scène « n’ont rien fait ».
En ce qui concerne la réaction de la victime, 80,4 % n’ont ni signalé l’agression à la police, ou à un employé de la gare ou à quelque autorité compétente que ce soit. 44,6 % « ne voulaient pas accorder trop importance à l’agression » et 38,7 % « n’ont pas pensé qu’il était important de signaler l’agression ».
(Photo de titre : Pixta)