
Dans les coulisses de la série « Tokyo Vice », avec Watanabe Ken et Ansel Elgort
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Au cœur des bas-fonds de la capitale japonaise
La série policière Tokyo Vice a gagné le cœur de nombreux fans grâce à ses descriptions saisissantes des bas-fonds de Tokyo. Elle met en scène Ansel Elgort, dans le rôle de Jake, un journaliste américain qui couvre les affaires criminelles pour l’un des principaux quotidiens japonais, et Watanabe Ken, alias Katagiri, un détective tenace qui fait équipe avec la police métropolitaine. Les hommes se retrouvent à former un duo, à la poursuite de redoutables malfaiteurs. S’inspirant des mémoires du journaliste américain Jake Adelstein (2009), la première saison a été diffusée en 2022 et une deuxième vient de sortir.
Les deux hommes entretiennent des relations étroites, puisqu’ils parlent chacun dans la langue de l’autre. Nous avons rencontré ce duo plus qu’improbable. Ils ont évoqué leurs personnages respectifs, la société japonaise dans les années 1990 et l’approche de Ansel Elgort pour apprendre le japonais.
Ansel Elgort, alias Jake (à gauche) et Watanabe Ken, dans le rôle de Katagiri (© James Lisle/WOWOW)
Une deuxième saison longuement attendue
À la fin de la saison 1 de Tokyo Vice, les deux personnages se retrouvent dans une situation délicate. Les destins de leurs personnages laissés en suspens, les deux acteurs avaient hâte de reprendre du service.
WATANABE KEN La nouvelle saison commence exactement où s’était arrêtée la première. Jake a pris du recul sur la couverture des yakuza et Katagiri, mon rôle, a été dépêché sur une autre mission. La continuité du scénario facilite le passage d’une saison à l’autre. Et pour nous aussi, on a eu aucun mal à se glisser à nouveau dans la peau de nos personnages.
Jake envoyé sur une nouvelle mission (© James Lisle/WOWOW)
— Comment s’est déroulé le tournage à Tokyo ?
W.K. La première saison a été tournée pendant la pandémie, ce qui a fait de nous une équipe réellement soudée. Mais à la saison 2, la production est revenue à la normale. Les répétitions étaient à nouveau régulières, tout comme les occasions de rire et de passer de bons moments.
ANSEL ELGORT Ken m’a beaucoup aidé dans mon apprentissage du japonais. Je lui ai souvent demandé des conseils pour mon texte.
W.K. Le dialogue alterne entre le japonais et l’anglais, donc on voulait régler le texte le plus tôt possible afin que tout soit prêt pour les caméras. On relisait le script quand on était ensemble et on s’envoyait même des messages pour se poser des questions ou s’envoyer des suggestions.
Jake aux côtés de sa supérieure, la journaliste d’investigation Maruyama Emi (au centre) interprétée par Kikuchi Rinko. (©James Lisle/WOWOW)
— Passant d’une langue à une autre, comment avez-vous décidé des lignes à lire en anglais et de celle à lire en japonais ?
W.K. Le créateur de la série J.T. Rodgers avait fait traduire le script si bien que les deux langues étaient déjà prêtes. Certaines répliques devaient être dites en japonais, mais il n’y avait pas vraiment de règle fixe pour décider de quelle langue utiliser. Nous avons cherché un équilibre en organisant les dialogues en blocs en japonais, d’un côté, et en anglais de l’autre. On évitait de semer la confusion chez les spectateurs en passant de façon trop répétée d’une langue à une autre. Et de cette manière, le spectateur n’a pas non plus besoin de lire les sous-titres trop longtemps. Avec le personnage de Katagiri, j’ai eu tendance à me contenter de répliques en japonais, notamment lorsqu’il évoque son passé ou ses sentiments, parce que je trouvais ça plus naturel.
A.E. Jake parle couramment le japonais donc je me suis dit qu’il l’utiliserait plutôt pour des discussions professionnelles ou d’autres sujets importants. Pour certaines scènes, Ken m’a suggéré d’utiliser plutôt l’anglais que le japonais mais dans la majeure partie, je me suis contenté du japonais.
W.K. Ansel a vraiment donné tout ce qu’il avait. S’il insistait pour faire une scène en japonais plutôt qu’en anglais, je m’assurais que sa prononciation et son jeu d’acteur étaient irréprochables.
A.E. Le studio américain a demandé à ce qu’il y ait davantage de dialogues en anglais, mais moi je n’étais pas d’accord. L’histoire se passe au Japon, non ? Au final, on a fait à peu près moitié-moitié.
Satô, le gangster (Kasamatsu Shô) et Samantha, l’hôtesse (Rachel Keller) dans la saison 2 (© James Lisle/WOWOW)
— Comment avez-vous étudié le japonais en préparation de la saison 2 ?
A.E. Je ne suis pas resté longtemps au Japon entre la saison 1 et la saison 2, donc j’ai pris des cours sur Zoom. Disons que mon apprentissage du japonais vient de commencer.
W.K. Pour ce qui est des langues, on est dans le même bateau. Certains disent que le japonais est plus dur à apprendre que l’anglais mais de ma propre expérience, je pense que c’est le contraire. Dans la série, les dialogues se font en anglais et en japonais. Chaque groupe (la police, les yakuza et les journalistes) utilisent leur propre jargon. Il y aussi des registres de langues (familier ou soutenu), sans oublier la façon de compter en japonais qui est assez complexe.
Ansel a vraiment travaillé dur. Dès qu’on avait une pause d’une semaine dans le tournage, il voyageait au Japon et il parlait avec les gens qu’il rencontrait. Il parlait aussi en japonais sur le plateau et posait des questions à l’équipe sur les mots qu’il ne comprenait pas ou demandait des explications s’il n’arrivait pas à suivre ce qu’ils disaient.
Peu à peu s’installe entre Jake et Katagiri une relation père-fils. (© James Lisle/WOWOW)
A.E. Avec le recul, je me dis que j’aurais dû étudier plus en préparation de la saison 1. Je ne parlais pas un mot à ce moment-là. Je me suis beaucoup amélioré et j’ai même appris à écrire un certain nombre de kanji.
Je voulais sentir l’expérience de vivre au Japon. À un moment donné, j’ai même pris un appartement. À l’intérieur, ça sentait le tatami, j’adorais cette odeur. Je me mettais à genoux dessus pour la respirer. En hiver, il faisait froid mais j’allais aux bains publics pour me réchauffer. L’appartement était situé juste au-dessus d’un bar izakaya. J’y allais de temps en temps pour me détendre et parler avec les gens. J’essayais de m’immerger dans le Japon et dans sa culture autant que je le pouvais.
Akira (Yamashita Tomohisa), personnage récurrent de la série, travaille dans un bar à hôtesses à Tokyo. (© James Lisle/WOWOW)