Un régal pour les yeux, l’odorat et le goût

De temps à autre, Chûjô Fumiyoshi accueille des étudiants en horticulture et des vendeurs de fruits dans ses serres. Il leur donne ainsi l’occasion de prendre conscience par eux-mêmes du travail incessant et du savoir-faire qui vont de pair avec la production d’un melon brodé de toute première qualité. « Je suis tout à fait ravi que les marchands de fruits nous envoient leurs employés pour qu’ils se fassent une idée précise nos techniques de production », dit le fruiticulteur.

La culture des melons est une activité très prenante où les enjeux sont importants. Chûjô Fumiyoshi se souvient encore du choc qu’il a ressenti lorsqu’il a perdu une récolte parce qu’il n’avait pas assez arrosé. Il n’a pas pu manger pendant plusieurs jours. «  Je dois ajuster quotidiennement la quantité d’eau nécessaire à la croissance des melons. Je ne peux jamais prendre de jour de congé ne serait-ce que pour Noël ou le Nouvel An. Ce n’est pas facile non plus pour mon épouse », précise-t-il. Bien que son fils de 33 ans soit prêt à prendre sa succession, Chûjô Fumiyoshi n’a encore jamais fait de voyage en famille. Mais il ne voit pas comment il pourrait envisager la vie autrement. « Je cultive des melons qui sont un régal à la fois pour les yeux, le nez et le palais. Et il n’y a rien qui puisse me rendre plus heureux. »

Les melons brodés japonais vendus à prix d’or dans les fruiteries de l’Archipel ont une saveur, un parfum et une consistance incomparables parce qu’ils sont le résultat d’une recherche sans fin de la perfection, à chaque étape de leur production. On pourrait être tenté de se demander à quoi bon tant d’efforts pour de simples fruits. Pour avoir la réponse, il suffit d’y goûter.

(D’après un texte en japonais de Doi Emiko, Nippon.com. Photo de titre : desserts de fruits de Shinjuku Takano ; le second dessert à partir de la gauche est un « gâteau au melon brodé japonais », et le troisième, un « flan à la mangue ». Photo de Kodera Kei.)