Comment fait-on quand un grand acteur déteste les maquillages ?

Tsuji Kazuhiro allait décliner la proposition, mais a fini par accepter, devant l’insistance de Joseph Gordon-Levitt, qui s’était de lui-même proposé pour assurer les fonctions de producteur exécutif sur le film, preuve de son enthousiasme extraordinaire pour le projet.

Tsuji a commencé par prendre les empreintes des visages des deux acteurs. Puis, en examinant les différences entre les deux, il a réfléchi à diverses approches possibles pour les faire se ressembler.

« Travailler sur le visage de Joseph était la seule option. Car Bruce Willis est célèbre pour détester les maquillages, incapable qu’il est de rester assis de longues heures sur une chaise. Dans le cas des maquillages effets spéciaux, évidemment on ne peut pas “tailler”dans un visage, mais on peut “ajouter”. C’est en fonction de ce principe que j’ai réfléchi à ce que je devais ajouter au visage de Joseph pour qu’il ressemble à celui de Bruce. »

Mais ajouter des morceaux sur un visage ne suffit pas. Il faut que tout ça reste relativement « facile à équiper » et « facile à bouger » pour l’acteur. Autrement dit, rester le plus simple possible. Le maquilleur a donc fait des essais avec plusieurs pièces, en essayant plusieurs genres, pour finalement se décider à fixer des pièces au nez, aux lèvres, supérieure et inférieure, et aux sourcils.

Au milieu, le visage non maquillé de Joseph Gordon-Levitt. Pour le tournage, il portait des pièces au nez et aux lèvres, des sourcils modifiés et les oreilles plaquées pour ressembler à Bruce Willis (à gauche). Il portait également des lentilles vertes (photos reproduites sur autorisation de Tsuji Kazuhiro)

« Il ne s’agissait pas d’un film de fantasy ni d’horreur, mais d’un drame humain, il était capital de rester sur un maquillage naturel. Pour cela, il faut faire disparaître la limite entre les pièces ajoutées sur le visage et la peau, ce qui pose des problèmes en particulier pour le nez, qui a tendance à transpirer beaucoup, et les lèvres, qui bougent énormément, ce qui fait tomber le maquillage. Et le nez et les lèvres sont les parties les plus remarquables d’un visage, elles en sont le centre. Le maquillage a été conçu en fonction de ces paramètres. »

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces efforts ont porté leurs fruit. Tsuji Kazuhiro peut être fier de ce chef-d’œuvre.

« Mais le maquillage ne suffit pas à faire un bon film. Le scénario, les acteurs, le film doit être parfait dans sa totalité pour pouvoir se dire satisfait de son travail. Et là, je dois dire que tout a été parfaitement coordonnée, et le résultat, c’est un grand film, je le pense. »