Produire du vin avec amour

Le vin de la marque Vin de Ollage a été mis en vente en mars 2019, huit ans après la catastrophe nucléaire. Le mot « ollage » (prononcé oragué) vient en fait du patois local, dans lequel il veut dire « chez moi ».

À  gauche une bouteille de Cidre 2017. Au centre, deux bouteilles du Vin de Ollage. À droite, une bouteille de Muscat Bailey A & Steuben Rosé 2020, un mousseux élaboré à partir de raisins cultivés dans la ville de Aizu-Wakamatsu, dans la préfecture de Fukushima.
À gauche une bouteille de Cidre 2017. Au centre, deux bouteilles du Vin de Ollage. À droite, une bouteille de Muscat Bailey A & Steuben Rosé 2020, un mousseux élaboré à partir de raisins cultivés dans la ville de Aizu-Wakamatsu, dans la préfecture de Fukushima.

Au départ, le vignoble Ôse achetait ses raisins chez six producteurs, mais cela a maintenant augmenté à treize. Sasaki remarque que la quantité et la qualité des vendanges s’améliore d’année en année.

« Les vignes sont encore jeunes, donc nous profitons de cette fraicheur dans les vins que nous produisons, mais nous avons déjà des raisins qui sont exceptionnels de par leur teneur en sucre. Je pense que nos vins pourront bientôt faire concurrence avec ceux produits ailleurs au Japon. »

Maintenant que le vignoble a produit ses premières cuvées, les vignerons ont gagné en motivation pour cultiver de meilleurs raisins, pour un vin encore plus délicieux. Certains rêvent même de voir un jour des vins produits exclusivement de leurs raisins.

Nakao Hideaki, propriétaire de Nakao Grape Farm, dans un de ses vignobles. Ce vignoble cultive des vignes depuis 45 ans, mais n’est passé aux variétés pour la production du vin qu’en 2016 (photo avec l’aimable autorisation du département d’agriculture et des forêts de la ville de Kôriyama).
Nakao Hideaki, propriétaire de Nakao Grape Farm, dans un de ses vignobles. Ce vignoble cultive des vignes depuis 45 ans, mais n’est passé aux variétés pour la production du vin qu’en 2016 (photo avec l’aimable autorisation du département d’agriculture et des forêts de la ville de Kôriyama).
Nakao Hideaki se satisfait de voir que ses raisins sont utilisés pour faire du vin (photo avec l’aimable autorisation du département d’agriculture et des forêts de la ville de Kôriyama).
Nakao Hideaki se satisfait de voir que ses raisins sont utilisés pour faire du vin (photo avec l’aimable autorisation du département d’agriculture et des forêts de la ville de Kôriyama).

Le vin pour la promotion de Fukushima à travers le monde

Kawauchi Kôki est le directeur du vignoble Ôse depuis 2020. « Je suis vraiment touché par l’attention que les producteurs portent à leur raisin et leurs efforts constants pour en améliorer la qualité. Pendant l’ère Meiji (1868-1912), on pensait que la terre à Kôriyama ne donnait rien, mais la mise en place dans les années 1880 d’un réseau de canaux d’irrigation qui a ramené l’eau du lac Inawashiro a rendu le sol fertile. Je suis convaincu que cet esprit pionnier est toujours présent à Fukushima et qu’à travers notre entreprise nous réussirons à faire pousser du raisin de cuve ici. »

Kawauchi Kôki (gauche) et le vigneron Sasaki Hiroshi, avec des bouteilles de Vin de Ollage 2019
Kawauchi Kôki (gauche) et le vigneron Sasaki Hiroshi, avec des bouteilles de Vin de Ollage 2019

Kawauchi est né à Kôriyama et a grandi le long du fleuve Ôse avant de quitter la région à l’âge de 18 ans. Au moment de la catastrophe nucléaire, il travaillait dans une société de commerce et était en voyage d’affaires en Allemagne. Il a fondu en larmes quand il a entendu à la radio, dans un taxi, la nouvelle de cette tragédie. Le fait que tant de gens qui n’avaient jamais entendu parler de Fukushima n’ont connu que ces images négatives l’a bouleversé. C’était comme si la région où il était né allait disparaître. Il se sentait désemparé.

Affecté à Bangkok par la suite, il a appris que la fondation de secours de Mitsubishi Corporation allait créer un vignoble à Kôriyama et s’est promis d’y travailler un jour. C’était encore plus réjouissant pour lui que le vignoble s’appellerait Ôse.

Aujourd’hui, Kawauchi considère son travail comme un défi : « J’applique ce que j’ai appris dans mon poste précédent, et je travaille avec mes anciens camarades de classe pour faire connaître ce vignoble, Kôriyama et Fukushima. »

Suite à de nouvelles réglementations, il s’est mis à encourager les producteurs de raisins à acquérir des permis pour vendre des boissons alcoolisées. « L’idéal est de les soutenir afin qu’ils puissent produire du vin à partir de leurs raisins et commercialisent eux-mêmes leurs propres vins. »

Ce vin serait vraiment du vin « ollage », de chez eux....

La qualité des raisins à cuve produits à Nakao Grape Farm ne fait que s’améliorer (photo avec l’aimable autorisation du département d’agriculture et des forêts de la ville de Kôriyama).
La qualité des raisins à cuve produits à Nakao Grape Farm ne fait que s’améliorer (photo avec l’aimable autorisation du département d’agriculture et des forêts de la ville de Kôriyama).

Si le vignoble Ôse arrive à se faire connaître pour un produit qui a bon goût et de bonne qualité, cela aiderait à pallier l’image de la préfecture, toujours négative encore aujourd’hui. Ce ne sera pas simple d’arriver à une qualité égale à celle que l’on trouve dans les grandes régions viticoles du monde, mais les producteurs et viticulteurs de Kôriyama sont prêts à relever le défi.

Fukushima Ôse Winery (infos 2024)

  • Adresse : 2 Tadano aza-Gôshigôshi, Ôse-machi, Kōriyama-shi, Fukushima-ken
  • Horaires : 10 h à 16 h le week-end, 11 h à 16 h en jour de semaine. Fermé le lundi.
  • Tarifs : Visite de la cave de vinification : 500 yens. Dégustation de vin dans la boutique : 300 yens par verre.
  • Accès : 30 minutes en voiture de la gare JR Kôriyama
  • Site officiel (anglais) : https://ousewinery.jp/

(Reportage, texte et photos de Nippon.com, sauf mentions contraires)