De nouvelles rencontres avec d’anciennes terreurs

Les premières maisons hantées du Japon remontent à l’époque d’Edo. Une exposition artistique de 1836 dans le temple Ekô-in (situé dans le quartier de Ryôgoku dans l’ancienne Edo) semble en avoir marqué les débuts. Elle comprenait des scènes de kaidan bien connues, recréées avec des poupées mécaniques karakuri. À partir de cette époque, la mode était à la création de marionnettes de plus en plus réalistes et grotesques pour de tels divertissements.

La dernière mouture des maisons hantées du Asakusa Hanayashiki rappelle ces scènes qui ont terrifié les citoyens de la fin de l’époque d’Edo.

L’entrée de la maison hantée est couverte d’amulettes protectrices. (© Nippon.com)
L’entrée de la maison hantée est couverte d’amulettes protectrices. (© Nippon.com)

Un représentant du parc explique qu’afin de s’adapter à un public familial, et plus particulièrement à la première visite des jeunes enfants dans une maison hantée, cette version a été quelque peu « adoucie » par rapport aux précédentes. Mais même ainsi adaptée (et nous nous abstiendrons de trop en dire), elle suffit certainement à provoquer une bonne petite frayeur.

Une musique pour enfants résonne doucement à l’entrée. Une fois à l’intérieur, l’obscurité est totale, obligeant les visiteurs à avancer pas à pas en suivant les murs, en étant souvent interrompus brusquement par des sons lugubres et des cris effrayants. Leur mission ? Atteindre le sanctuaire des démons oni à l’autre bout, où ils pourront enfin toucher la boule de cristal permettant d’exorciser les esprits.

Après avoir repéré les visiteurs grâce à des détecteurs de mouvement, des fantômes et des monstres surgissent des ténèbres. (© Nippon.com)
Après avoir repéré les visiteurs grâce à des détecteurs de mouvement, des fantômes et des monstres surgissent des ténèbres. (© Nippon.com)

Comment attirer les visiteurs étrangers ?

En plus de la dernière mise à jour de sa maison hantée, le parc a décidé de se parer de nouveaux attraits pour célébrer ses 170 ans.

Le « Panorama Time Travel » est une attraction multi-écrans qui présente des images du passé et du présent d’Asakusa, dont notamment une vue du quartier prise depuis le sommet de la Bee Tower, une attraction emblématique du parc. Un dispositif de « photographie mystère » utilisant la technologie de réalité augmentée permet aux visiteurs de rechercher des créatures yôkai dans le parc. L’impressionnant projection mapping, réalisé par la société d’art numérique Naked, affiche des fleurs japonaises à travers les saisons.

L’affichage virtuel d’une nature colorée rappelle les débuts d’Asakusa Hanayashiki en tant que jardin botanique. (© Nippon.com)
L’affichage virtuel d’une nature colorée rappelle les débuts d’Asakusa Hanayashiki en tant que jardin botanique. (© Nippon.com)

On compte également l’ouverture d’une boutique de boissons et de gâteaux appelée Ohanami Chaya, « la maison de thé de contemplation des fleurs », qui vend des gâteaux « voitures panda » prenant la forme de certains véhicules du parc, et les ravissants hanamusubi, des « boulettes de riz en forme de fleur ».

En haut à gauche : Gâteaux en forme de voitures pandas. En haut à droite : Monaka, des gaufrettes fourrées à la pâte de riz. Au milieu : Hana-musubi, des boulettes de riz en forme de fleurs. (Avec l’aimable autorisation du parc Asakusa Hanayashiki)
En haut à gauche : Gâteaux en forme de voitures pandas. En haut à droite : Monaka, des gaufrettes fourrées à la pâte de riz. Au milieu : Hana-musubi, des boulettes de riz en forme de fleurs. (Avec l’aimable autorisation du parc Asakusa Hanayashiki)

Le fil conducteur de ces récents changements ? Maximiser les activités en intérieur, le réchauffement climatique ayant apporté avec lui des étés caniculaires et des averses torrentielles.

Nishikawa Toyoshi, le président de la société Hanayashiki qui gère le parc, déclare : « Les installations extérieures seront toujours influencées par la météo. La récente rénovation vise à améliorer la qualité de nos attractions en intérieur. » L’objectif est d’attirer à Asakusa des visiteurs qui pourront se promener au temple Sensô-ji et dans la rue commerçante Nakamise le matin ou le soir, et qui viendront se rafraîchir à l’intérieur du parc pendant les journées de grosses chaleurs.

L’introduction d’histoires d’horreur traditionnelles kaidan dans la maison hantée, ainsi que d’aliments typiques comme les onigiri et les sucreries wagashi, vise également à séduire les touristes étrangers, qui reviennent en masse à Asakusa (et les visiteurs venus d’autres pays d’Asie y sont particulièrement présents).

C’est pour cette raison que, lors de la fermeture pour rénovation, de nouvelles enseignes en japonais, anglais, chinois et coréen ont été ajoutées. Le parc prévoit également d’améliorer son site web dans la langue de Shakespeare, et de travailler avec des agences de voyage pour encourager la venue de nombreux visiteurs internationaux. « La raison pour laquelle nous avons pu rester ouverts pendant 170 ans est simple : nous avons su concevoir et proposer des attractions adaptées à leur temps. » explique Nishikawa. « Notre parc sait rester fidèle à ses traditions, avec une touche très japonaise, typique du style d’Asakusa. Mais nous essayons également de faire connaître Hanayashiki à l’étranger via internet et les réseaux sociaux, entre autres. »

(Photo de titre : le président du parc d’attractions Hanayashiki, Nishikawa Toyoshi, devant la maison hantée. © Nippon.com)