Écrire les hiragana à la main : un atout majeur

Au Japon, la maîtrise écrite des hiragana a toujours une importance capitale, même si l’on se contente de plus en plus souvent de les taper sur des écrans. Tracer les caractères à la main facilite leur mémorisation et leur lecture. Cela ne fait aucun doute. Les petits Japonais apprennent les hiragana en répétant inlassablement les mêmes exercices. Beaucoup d’apprenants étrangers préfèrent avoir recours à des applications et d’autres outils numériques. Pourtant, il n’y a pas de meilleur moyen pour graver les hiragana dans sa mémoire que de s’asseoir et de les écrire à la main. Le site Internet « Chibimusu Doriru » propose des feuilles d’exercices à imprimer. Une bonne solution pour commencer l’apprentissage par ses propres moyens.

Dans les écoles primaires de l’Archipel, les enseignants ont tendance à exiger des élèves qu’ils écrivent parfaitement en suivant l’ordre des traits. Pour ma part, je pense que la meilleure méthode consiste à respecter cette règle dès le début, y compris pour les katakana et les kanji. Mais il n’y a pas forcément lieu d’en faire un problème tant que le résultat final ressemble à l’original. Toutefois, l’apparence des caractères dépend bien souvent de la façon dont ils ont été tracés. Et un ordre des traits erroné risque de poser des problèmes en termes de reconnaissance lorsqu’il s’agit d’écrire avec le doigt ou un stylet sur un téléphone ou une tablette.

Il faut aussi signaler que certains hiragana n’ont pas le même aspect quand ils sont imprimés ou tracés à la main. C’est ainsi que き (ki) et さ (sa), qui sont d’un seul tenant dans les textes d’imprimerie et les calligraphies de style cursif, présentent un espace entre le haut et le bas lorsqu’on les écrit à la main (voir « tableau des hiragana » ci-dessous).

Association et mémorisation

Les 46 caractères du syllabaire des hiragana une fois mémorisés, il reste encore à apprendre leurs différentes variantes. Deux petits traits placés en haut à droite transforment les consonnes sourdes en sonores. か (ka) devient が (ga) et ainsi de suite. En ce qui concerne les hiragana commençant par un « h » aspiré  – は (ha), ひ (hi), ふ (hu), へ (he) et ほ (ho) – celui-ci se transforme en « b ». Par conséquent, « ha » devient « ba », « hi » devient « bi » et ainsi de suite. Quand un petit cercle prend la place des deux traits, le « h » aspiré se lit « p » et donc « ha »devient « pa ». Certains hiragana se combinent avec や (ya), ゆ (yu) ou よ (yo) pour former des syllabes composées telles que しゃ (sha) ou きょ (kyo). Dans ce cas, la taille du second caractère est réduite pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Enfin, la présence d’un petit っ (tsu) à l’intérieur d’un mot indique le redoublement de la consonne suivante et une légère pause entre les deux comme dans てっけん (Tekken).

Mémoriser les hiragana et d’autres systèmes graphiques est plus aisé quand ils sont dans leur contexte. En général, on identifie plus aisément les caractères de ses mots préférés que ceux qui vous sont moins familiers. Associer ceux que l’on a du mal à apprendre avec un terme bien connu peut s’avérer une stratégie efficace. Repérer et lire des mots dans son environnement quotidien est aussi une excellente façon de les retenir. L’idéal reste bien entendu de se trouver au Japon, ce qui permet de limiter considérablement les efforts. Mais on peut aussi bien profiter de toutes les occasions offertes par les films d’animation. Ou encore imprimer les mots que l’on veut apprendre et les placer un peu partout chez soi.

Il n’y a pas de chanson populaire japonaise permettant de mémoriser facilement les hiragana dans l’ordre de leur classement a, i, u, e, o, ka, ki, ku, ke, ko… Mais pour pouvoir se repérer dans des listes, chercher dans un dictionnaire japonais ou s’y retrouver dans un magasin de disques, il faut au moins savoir que は (ha) est suivi par ま (ma) et précédé par な (na). La meilleure façon de procéder pour acquérir de bonnes bases à cet égard consiste sans doute à travailler avec un tableau où les hiragana sont classés dans l’ordre, comme ci-dessous.

Il existe toutefois un très ancien poème intitulé iroha où figure chacun des caractères du syllabaire des hiragana, y compris ceux qui ne sont pratiquement plus employés à l’heure actuelle. Composé il y a environ un millénaire sur le thème de l’impermanence des choses, le iroha uta doit son nom à ses trois premières syllabes. À l’heure actuelle, il n’est plus utilisé pour mémoriser les hiragana, mais on le rencontre encore dans certains contextes entre autres celui des jeux de cartes pour enfants.

Tableau des hiragana

(D’après un article en anglais du 26 avril 2018. Illustrations de Mokutan Angelo)