Un lieu de production d’or et d’argent jusqu’à la fin du XXe siècle
L’exploitation de la mine de Sado Kinzan se faisait de manière indépendante. Chaque étape, de la transformation du minerai à la frappe des pièces, avait lieu sur place. Cette activité soutenue à la mine était une précieuse source de revenus pour le shogunat, ce qui lui permettait de ne pas avoir à s’approvisionner en or ou en argent à l’étranger.
Après la chute du régime Tokugawa, au moment de la Restauration de Meiji, le gouvernement prend le contrôle des opérations de la mine. Pour remédier à la baisse de la production, il recrute des ingénieurs étrangers et adopte des technologies occidentales. En 1896, la mine est rachetée par le conglomérat Mitsubishi, qui continuera grandement à la mécanisation du processus d’extraction. La production atteint son apogée vers 1940, permettant de satisfaire les ambitions du Japon en temps de guerre. La mine fermera finalement en 1989, après 388 ans d’histoire.
La veine d’or qui parcourt la mine de Sado Kinzan est en fait petite par sa taille puisqu’elle ne mesure que 3 kilomètres de long d’est en ouest et 600 mètres du nord au sud, pour une profondeur de 800 mètres. Pendant près de quatre siècles, à la recherche du précieux métal, les mineurs ont percé plus de 400 kilomètres de tunnels dans la montagne, soit le double du périmètre de l’île de Sado. Leur travail acharné leur a permis d’extraire l’impressionnante quantité de 15 millions de tonnes, soit l’équivalent d’un cube de 180 mètres de côté.
Nabata Shô explique qu’en moyenne 1 tonne de minerai était nécessaire pour produire 5 grammes d’or. Au total, environ 78 tonnes d’or et 2330 tonnes d’argent ont été extraites de la mine. En 1997, la mine Hishikari, située dans la préfecture de Kagoshima, a détrôné le record détenu par la mine de Sado Kinzan en tant que plus important lieu de production d’or. Toutefois, la montagne conserve son titre de mine d’argent la plus riche de l’Archipel.
Future inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco ?
La mine de Kinzan sur l’île de Sado a une place bien particulière dans l’histoire du Japon. C’est elle qui servait de source principale de revenus au gouvernement, et ce depuis l’époque féodale jusqu’à l’ère moderne. Pour rendre hommage à l’importance du rôle qu’elle a joué dans l’histoire du Japon, elle a été proposée pour être inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Cette candidature à la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco comprend la mine de Sado Kinzan de l’île, la mine d’or de Nishimikawa et la mine d’argent de Tsurushi. Ces sites sont de véritables témoignages de l’exploitation minière au Japon, riche de plus de 500 ans d’histoire, qui ne saurait être dissociée des progrès des techniques d’exploitation et d’excavation ainsi que du mode de vie des personnes pour qui le travail dans les mines constituait une source de revenus leur permettant de subvenir à leurs besoins.
Informations
- Adresse : Shimo-Aikawa 1305, Sado-shi, Niigata-ken
- Ouverture toute l’année
- Horaires : 8 h 00 - 17 h 30 (avril à octobre); 8 h 30 - 17 h 00 (novembre à mars)
- Site officiel (en anglais)
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(Texte et reportage de Aoki Yasuhiro. Photos : Noriaki Miwa, sauf mentions contraires. Photo de titre : l’usine de flottation de Kitazawa)






