Le journée des kanji (12 décembre)

La Fondation japonaise d’évaluation de l’aptitude aux kanji a désigné le 12 décembre comme journée des kanji (la date 12/12 peut se lire ii ji ichi ji, ce qui veut dire « un unique bon caractère »). Le public est invité à voter pour un idéogramme qui reflète l’état courant de la société. Le kanji de l’année est révélé au temple Kiyomizu de Kyoto, à l’occasion d’une cérémonie au cours de laquelle on l’écrit avec un pinceau gigantesque sur une feuille de papier washi mesurant 1,5 mètres sur 1,3. Les caractères chinois, connus au Japon sous le nom de kanji, remontent, selon certaines découvertes, à plus de 3 000 ans, en précisant toutefois qu’ils ont subi quelques modifications dans l’Archipel, et qu’il existe aussi des caractères créés de toutes pièces au Japon, appelés kokuji ou « kanji nationaux ».

 (à gauche) Mori Seihan, le supérieur du temple Kiyomizu, écrit le kanji de l'année 2022, le 12 décembre, au temple Kiyomizu de Kyoto. Il s’agit de l’idéogramme ikusa (戦), qui signifie « guerre » (Photo : Jiji). (à droite) Le kanji 働 (hataraku), qui signifie « travailler », a été créé au Japon.
(à gauche) Mori Seihan, le supérieur du temple Kiyomizu, écrit le kanji de l’année 2022, le 12 décembre, au temple Kiyomizu de Kyoto. Il s’agit de l’idéogramme ikusa (戦), qui signifie « guerre » (Photo : Jiji). (à droite) Le kanji 働 (hataraku), qui signifie « travailler », a été créé au Japon.

Le marché de l’année où l’on vend des hagoita au Sensô-ji d’Asakusa (17-19 décembre)

Sur les étals du marché de fin d’année qui se tient au temple Sensô-ji d’Asakusa, à Tokyo, sont exposées des raquettes en bois hagoita, ainsi que d’autres objets censés porter chance au Nouvel An. Les hagoita ont la réputation d’écarter le mauvaus sort en vue d’aider les jeunes filles à grandir en bonne santé. Le hanetsuki, un jeu similaire au badminton moderne, est devenu populaire à l’époque d’Edo. Plus récemment, on s’est mis à produire des raquettes décoratives ornées de portraits d’acteurs renommés de kabuki et d’autres célébrités. On les vend sur les marchés hagoita qui se tiennent à la fin de l’année.

Des raquettes en bois hagoita en vente
Des raquettes en bois hagoita en vente

Les huîtres (kaki)

L’hiver est la meilleure saison pour les huîtres, parfois appelées « lait de la mer » au Japon en raison de leur riche saveur. Les huîtres du Pacifique sont de saison de novembre à mars. Elles sont appréciées crues, coupées en morceaux et frites, ou en ragoût. (Voir également notre article : Les huîtres crues ou frites à consommer chez soi : la redécouverte d’un plaisir au Japon)

Huîtres crues, et frites
Huîtres crues, et frites

L’épinard chijimi

Le chijimi, une variété d’épinard cultivée en plein air en hiver, est apprécié pour sa douceur et sa forte saveur. Doté de courtes tiges et de feuilles épaisses, il se répand à profusion sur le sol dans un effort en vue de profiter au maximum de la parcimonieuse lumière hivernale. Pour supporter le froid, la plante a une teneur faible en eau mais forte en sucre, ce qui contribue à la douceur de sa saveur.

(à gauche) Épinard chijimi ; (à droite) Ohitashi d’épinards (bouilli avec une sauce de soja parfumée au thon).
(à gauche) Épinard chijimi ; (à droite) Ohitashi d’épinards (bouilli avec une sauce de soja parfumée au thon).

Le saumon

Le saumon grandit en mer pendant un certain nombre d’années avant de regagner la rivière où il est né. On le pêche en hiver à Hokkaidô, dans le Tôhoku et le Hokuriku. Les indigènes Aïnous du nord du Japon appellent le saumon « kamui chep  », qui veut dire « poisson des dieux ». Le saumon en conserve est un aliment apprécié lorsqu’il faut affronter les rigueurs de l’hiver. Le saumon frais se cuisine de bien des façons, notamment à la meunière (frit au beurre), cuit dans une feuille de papier d’aluminium ou en ragoût. L’aramaki-sake est du saumon qu’on a salé avant de l’envelopper dans de la paille et de le sécher. À mesure que l’eau qu’il contenait disparaît, les acides aminés se dissolvent et la saveur umami se renforce.

Aramaki-sake et saumon frit
Aramaki-sake et saumon frit

(Article supervisé par Inoue Shôei, chercheuse sur le calendrier et auteure, prêtresse shintô, professeure invitée à l’université Tôhoku Fukushi. Photo de titre : : baies de nanten, ou « bambou céleste », saupoudrées de neige. Toutes les photos sont de Pixta, sauf mentions contraires.)