Depuis de nombreuses années, l’anime et le manga font partie des exportations culturelles les plus populaires du Japon. Mais la manière dont ils sont consommés à l’étranger diffère considérablement du marché domestique. Coup d’œil sur les raisons pour lesquelles les fans étrangers découvrent généralement d’abord l’anime, avant de se tourner vers le manga (à l’inverse de l’ordre habituellement observé au Japon).
Les adaptations animées en tête des classements
En novembre 2024, l’Agence japonaise pour les affaires culturelles (aidé par d’autres organismes) a publié une liste des mangas et animes les plus appréciés des visiteurs étrangers au Japon. En tête du classement : Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba, suivi de L’Attaque des Titans. Tous les 10 premiers titres du classement sont des œuvres de manga adaptées en anime et diffusées à l’étranger.
En dehors de l’Archipel, les magazines de manga japonais hebdomadaires ou mensuels sont quasiment inexistants. Les gens découvrent donc d’abord les adaptations animées des œuvres par la télévision, le câble ou le streaming en ligne. Ce n’est qu’après avoir vu l’anime qu’ils se tournent vers le manga traduit. Cela tient au fait que ces émissions sont plus facilement accessibles sur de nombreux supports.
Des récits riches qui résonnent auprès de tous les publics
Traditionnellement, les dessins animés étrangers ciblent principalement les enfants et les familles. À l’inverse, l’anime japonais touche un public plus large, explorant souvent des thèmes comme l’essence de l’humanité, la vie, la mort, ou encore la guerre. Ces sujets sont très rarement abordés dans les animations non japonaises. Naruto raconte par exemple l’histoire d’un jeune ninja en difficulté qui s’allie à ses amis pour ramener la paix dans leur monde. Le récit suit le voyage initiatique de ce héros solitaire qui évolue en un ninja déterminé poursuivant ses rêves, et présente une large palette de personnalités chez les alliés comme les ennemis. Cette profondeur narrative provient largement du scénario du manga original.
En décembre 2024, L’Attaque des Titans était en tête du classement des « Animes les plus populaires » sur My Anime List, le plus grand site mondial dédié à l’anime et au manga. Là encore, c’est l’adaptation animée qui a d’abord suscité l’intérêt à l’étranger, attirant ensuite l’attention sur le manga original.
Le manga propulsé par l’anime
Dans L’Attaque des Titans, l’humanité est menacée d’extinction par des titans géants et lutte pour survivre à l’intérieur de murs immenses censés les protéger. Au-delà de ce postulat saisissant, des thèmes comme la ségrégation ou la haine raciale ont également trouvé un écho chez les publics occidentaux.
Aux États-Unis, les ventes du premier tome du manga, publié en 2012, ont explosé après le début de la diffusion de l’anime en streaming en avril 2013. Il a depuis été traduit dans plus de 180 pays et régions, avec 120 millions d’exemplaires écoulés dans le monde fin 2023, y compris au Japon.
Au Japon, les adaptations animées suivent généralement le succès d’un manga. À l’étranger, c’est souvent l’inverse : les fans sont d’abord séduits par l’anime japonais, perçu comme plus original et plus profond que les animations locales. Ce n’est qu’ensuite qu’ils découvrent le manga. Ce qui plaît n’est donc pas nécessairement le « manga japonais » en tant que tel, mais bien l’anime inspiré de l’œuvre papier.
La popularité de Slam Dunk en Chine a elle aussi commencé grâce à l’anime. Des touristes chinois se rendent même en pèlerinage au célèbre passage à niveau près du lycée de Kamakura, immortalisé dans la scène d’ouverture de l’anime. De même, Oshi no Ko, très populaire en Corée du Sud et aux États-Unis, doit son succès à son adaptation animée. Sa chanson d’ouverture, Idol, a atteint la première place du classement américain Billboard en juin 2023, amplifiant encore sa renommée.




