La méthode CAS s’exporte sur les îles japonaises et à l’étranger
En ce moment, il y a près de 2 600 appareils CAS installés à divers endroits comprenant des producteurs de fruits, de légumes, de viande et de poisson, des restaurants, des centres commerciaux et des supermarchés. Le laboratoire de transformation alimentaire CAS est situé au quartier général d’Abi, dans la ville de Nagareyama (préfecture de Chiba). Il continue à améliorer sa technologie et à développer des équipements à bas prix. Et l’étendue des endroits où les avantages de CAS peuvent être utilisés à bon escient ne cesse d’augmenter.
Par exemple, les entreprises communes public-privé du bourg d’Ama (préfecture de Shimane), faisant partie des îles distantes d’Oki, sont en train de développer le commerce de pieuvre fraîche et d’huître congelée CAS avec des ventes directes à l’industrie des restaurants et aux clients de la région de Tokyo. La distance depuis les îles requiert de longues heures de transport par bateau et par camion, ce qui a longtemps été le plus important obstacle à la conservation de la fraîcheur des produits. CAS permet désormais aux producteurs de conserver la fraîcheur de leurs aliments plus longtemps. Et l’augmentation des recettes des ventes pour les pêcheurs attire de nombreux jeunes vers cette industrie.
Environ 100 congélateurs CAS ont été installés dans 13 pays autour du monde, avec des requêtes très fréquentes notamment aux États-Unis, en France, en Thaïlande, et en Chine. Les meilleurs chefs français ont eu tendance à ignorer CAS, mais aujourd’hui, nombre de restaurants étoilés Michelin utilisent ce procédé pour préserver les ingrédients.
Une technologie qui peut contribuer à résoudre la crise alimentaire...
Puisque CAS congèle sans rompre les cellules, il peut être également très utile pour la recherche médicale, ainsi que dans d’autres domaines. Les chercheurs en médecine régénérative sont particulièrement intéressés par le procédé, et l’utilisent notamment pour préserver les organes. Des congélateurs CAS sont en service au centre de recherche de l’université de Kyoto dans le cadre de la recherche et application sur les cellules souches pluripotentes induites (iPS), et des projets de recherche commune dans les différents domaines d’ingénierie sont en cours de développement.
Ôwada dit espérer que la technologie s’étende encore plus avant. Cet artisan n’est pas seulement intéressé par le développement de son entreprise. Il pense que CAS pourrait aider à résoudre les inévitables crises alimentaires à venir.
« Dans 25 ans, il est dit que la population mondiale dépassera les 10 milliards. Nous sommes 7,7 milliards aujourd’hui, et on en a entre 500 et 600 millions de personnes qui n’ont pas un accès régulier à une alimentation correcte. Si vous ajoutez 2 milliards d’individus, imaginez à quel point la situation pourrait devenir hors de contrôle. Si nous ne faisons rien, seuls les riches pourront manger à leur faim. Les récoltes augmentent ou baissent en fonction des années. Ce qui est important, c’est de pouvoir stocker et emmagasiner les récoltes en cas de surplus, afin de pouvoir les vendre et les acheter de manière plus stable. Ceci rendra les choses plus faciles pour les commerçants et les clients. CAS permet de stocker les produits frais pour du long terme, tout en conservant la fraîcheur de leur goût même une fois décongelés. Cela peut aider à diminuer les inquiétudes liées aux fluctuations de prix pour les fermiers. Les consommateurs pourront quant à eux profiter d’un prix plus stable. »
...et sauver la vie sur Terre ?
Ses aspirations pour l’avenir de sa technologie ne semblent être qu’une fantaisie futuriste, mais Ôwada a de la suite dans les idées.
« Je pense que cette technologie pourrait être utile si la terre devient inhabitable suite à une guerre nucléaire, ou à cause de la destruction environnementale. Les humains bénéficient déjà de la technologie permettant de fertiliser les œufs. Les ovules de différents organismes peuvent être congelés avec CAS et envoyés dans un engin spatial. Ensuite, si une planète inhabitée est découverte, ces œufs pourront être ravivés, et la vie sur Terre pourra ressusciter. Les temps incertains que nous vivons actuellement, dans le chaos de la pandémie, auraient également relevés de la science-fiction autrefois. Il semble donc nécessaire de réfléchir à toutes les éventualités. »
(Photo de titre : Ôwada Norio explique les mécanismes de CAS au laboratoire de transformation de la nourriture aux quartiers généraux d’Abi à Nagareyama, dans la préfecture de Chiba)



