Le fugu est apprécié depuis des millénaires

Le Classique des montagnes et des mers, un ouvrage rédigé dans la Chine des Qin, il y a 2 300 ans de cela, comprend un passage expliquant que l’ingestion de fugu est mortelle. Mais le poète Su Dongpo, actif à l’époque de la dynastie des Song du Nord (960-1127), a écrit plusieurs poèmes vantant son goût, montrant ainsi qu’en Chine également, ce poisson est apprécié depuis longtemps. Les autorités chinoises ont néanmoins interdit sa consommation et sa distribution en 1990. Cette interdiction a été levée il y a quelques années pour les entreprises ayant acquis un savoir-faire dans sa production et son traitement pour l’exportation, et il existe actuellement un regain d’intérêt pour lui.

Au Japon, on a trouvé dans des amas coquilliers des traces qui attestent que le fugu était déjà consommé pendant la période Jômon (de 13 000 à 300 avant notre ère). Depuis le shôgun Toyotomi Hideyoshi (1537-1598), sa consommation a souvent été interdite en raison des nombreux décès d’amateurs. Ce poisson n’aurait peut-être pas acquis son statut de « roi des mets extraordinaires » s’il n’avait signifié le risque de mourir pour celui qui en mangeait.

De nos jours, les particuliers peuvent se faire livrer le poisson chez eux en commandant directement en ligne à des entreprises spécialisées de Yamaguchi. Sa production en pisciculture a beaucoup progressé, et il existe même du fugu non toxique. Ce poisson, traditionnellement perçu comme un mets hivernal, peut aujourd’hui être apprécié toute l’année. Grâce à leur expérience plurimillénaire, les Japonais maîtrisent l’art de le débarrasser de son poison.

(Extrait d'un original en japonais. Photo de titre avec l’aimable autorisation de la ville de Shimonoseki)