L’influence déterminante de La Nuit des morts vivants de George A. Romero

Le mot « zombie » est issu de la culture créole haïtienne dans laquelle il désigne un  « revenant » ou une personne envoûtée par un sorcier adepte du vaudou. Comment les « morts vivants » ont-ils réussi à avoir un tel succès au Japon ? C’est ce que je vais essayer d’expliquer en quelques mots.

La première œuvre mettant en scène des zombies dans l’histoire du cinéma est un film de Victor Halperin (1895-1983) intitulé White Zombie (Les Morts vivants), réalisé en 1932. Mais ceux-ci n’ont pas l’apparence de monstres se nourrissant de chair humaine vivante qu’on leur prête habituellement. Il s’agit de cadavres réanimés pour les rendre corvéables à merci, comme dans la tradition vaudou.

Il a fallu attendre Night of the Living Dead (La Nuit des morts vivants) réalisé en 1968 par George A. Romero (1940-2017) pour que l’aspect de ces créatures change. Toutefois, en dépit de son énorme succès en Occident, la première œuvre du « père des films de zombies » n’a pas été projetée sur les écrans de l’Archipel. Ce n’est qu’en 1979 que les amateurs de films d’épouvante japonais ont pu enfin découvrir les hordes de morts vivants du réalisateur américain avec Dawn of the Dead (Zombie, le crépuscule des morts vivants), un an après sa sortie. Les scènes de combats entre les derniers survivants humains et les zombies dans un centre commercial ont profondément marqué les Japonais, et ce genre de film a fait dès lors de plus en plus d’adeptes parmi eux.

Le film La Nuit des morts vivants est une adaptation de I Am Legend (Je suis une légende), un livre de science-fiction publié en 1954 par le romancier et scénariste américain Richard Matheson (1926-2013). En 1978, le mangaka Fujiko F. Fujio (1933-1996), cocréateur de Doraemon, a publié un manga ayant pour titre Ryûketsuki (Démon sanglant), inspiré par ce même roman. Il s’agit d’une histoire de vampires d’un genre tout à fait nouveau pour l’époque puisqu’on y trouve pour la première fois au Japon le thème de la confrontation des valeurs, si fréquent dans les films récents de morts vivants.

Par la suite, on a assisté à une prolifération d’œuvres de créateurs influencés par la thématique des zombies. En particulier la série JoJo no kimyôna bôken (JoJo’s Bizarre Adventure) de Araki Hirohiko (né en 1960), en cours de publication depuis 1986. Les premières pages remplies de vampires et de zombies dégoulinants de sang sont vraiment dignes d’un film gore.