La contagion : une métaphore de la propagation rapide des valeurs
Comme nous l’avons vu plus haut, le Japon s’efforce de développer le tourisme sur son territoire, notamment celui venant de l’étranger. L’arrivée de visiteurs originaires d’autres pays est l’occasion d’échanges fructueux avec des personnes venues d’autres horizons mais elle comporte aussi le risque de créer un environnement propice à des frictions… C’est un processus on ne peut plus naturel, directement lié aux contacts entre des cultures différentes. Depuis quelques années, on assiste à une multiplication des discours de haine et des discriminations partout dans le monde, y compris au Japon, et les agressions contre les individus et les valeurs ne faisant pas partie du courant dominant sont en train de devenir un véritable problème social (voir notre article lié). Plus les mécanismes de concurrence, c’est-à-dire ceux entre la majorité et les minorités, les grandes villes et les provinces, ou encore entre les races et les orientations sexuelles, se généralisent, plus la tendance à l’hostilité et à l’exclusion se renforce.
Dans ce contexte, on peut considérer les zombies, par définition hautement contagieux, comme une métaphore de l’invasion des valeurs de « l’autre », qui sont susceptibles de contaminer petit à petit la population. Nous comprenons alors pourquoi les morts vivants se sont mis à courir : pour montrer la vitesse à laquelle les valeurs se propagent à l’heure actuelle…
L’accélération de la « contamination » par les valeurs des « autres » ne ferait-il pas penser à Internet ? Au Japon, le nombre d’utilisateurs de la toile n’a pas cessé d’augmenter entre 1990 et les années 2000.
Certaines idées se transmettent à une vitesse extraordinaire via Internet, en particulier celles du terrorisme domestique. Du coup, les gens ont peur de voir un de leurs amis se transformer soudain en « un autre » avec lequel il devient impossible de communiquer parce qu’il a été contaminé par des idées véhiculées par Internet. Ils craignent aussi de se faire emporter à leur tour par la même vague. Or cette peur est du même ordre que celle des zombies.
