Akiyoshi-dai, un plateau situé dans la préfecture de Yamaguchi, offre des paysages façonnés au fil de centaines de millions d’années ainsi que l’accès à l’Akiyoshi-dô, un immense complexe souterrain qui réserve bien des surprises aux visiteurs.
Les trésors naturels de Yamaguchi
Akiyoshi-dai est un vaste plateau situé à Mine, en pleine campagne de la préfecture de Yamaguchi, culminant à environ 300 mètres et parsemé de formations karstiques. Son histoire géologique remonte à près de 350 millions d’années. Des millénaires de croissance de récifs coralliens, recouverts ensuite de sédiments, ont formé des couches de calcaire qui ont été poussées à la surface par l’activité tectonique. L’érosion causée par des pluies incessantes a sculpté ces couches en formations karstiques qui émergent aujourd’hui du sol.
Le calcaire se dissout facilement dans l’eau : au fil des siècles, l’infiltration a creusé un réseau de grottes sous le plateau, provoquant effondrements et dépressions en surface. Ce paysage, marqué par ces creux et ponctué de roches karstiques patinées, a été classé « monument naturel spécial » par le gouvernement japonais.
On recense plus de 400 grottes sous Akiyoshi-dai. La plus vaste est Akiyoshi-dô, elle aussi classée« monument naturel spécial ». Elle s’étend sur 10,7 kilomètres, ce qui en fait la deuxième plus longue du Japon après l’Akka-dô, dans la préfecture d’Iwate (23,7 kilomètres). Environ un kilomètre est aménagé pour les visites, avec éclairage et passerelles, ce qui en fait l’un des sites les plus prisés de la région.
Pénétrer dans une grotte monumentale
L’entrée principale d’Akiyoshi-dô se trouve au sud. On en compte une secondaire au nord appelée Kurotani, et une troisième équipée d’un ascenseur permettant d’accéder au milieu du parcours et de ressortir près de l’observatoire des karsts d’Akiyoshi-dai. La plupart des visiteurs achètent leurs billets à l’entrée principale, au bout d’une rue animée bordée de boutiques de souvenirs et de restaurants.
L’entrée sud elle-même vaut le détour. Un passage couvert mène à une ouverture de 20 mètres de haut sur 8 de large, d’où jaillit une cascade impétueuse issue de la rivière souterraine. C’est de là que provenait l’ancien nom du site, utilisé jusqu’à la fin de l’ère Taishô (1912-1926) : Taki-ana (« le trou de la cascade »).
En 1926, le prince héritier Hirohito (devenu empereur l’année suivante) avait visité les lieux. À cette occasion, la grotte avait été rebaptisée Akiyoshi-dô. Le nom reprend la même lecture qu’Akiyoshi-dai, mais avec des kanji différents, parfois lus Shûhô-dô. Le nom du district, Shûhô-chô, tire son origine de cette lecture, ce qui peut prêter à confusion sur certaines cartes et GPS.
Un parcours riche en découvertes
Dès l’entrée, le visiteur découvre l’Aotenjô (« le plafond bleu »). La lumière du soleil filtrant par l’ouverture se reflète sur l’eau et teinte la voûte d’un bleu pâle. Le parcours dévoile ensuite une grande variété de formations naturelles, offrant près d’une heure de marche ponctuée de merveilles.
L’un des points d’intérêt du lieu est le Hyakumai-zara (« les cent assiettes »). L’eau dissout le calcaire et forme autour des rebords de calcite appelés gours, qui s’accumulent en une succession de vasques claires épousant la pente, comme des rizières en terrasses. En réalité, on en dé
La grotte recèle aussi d’immenses colonnes et des rochers aux allures d’animaux. La plus fameuse formation reste sans doute le Kogane-bashira, le « pilier d’or », une colonne de calcaire de 15 mètres de haut et 4 mètres de large. Évoquant à la fois la colonne d’un temple souterrain et une cascade figée, elle séduit par ses détails délicats.
Le calcaire poreux, appelé calcite ou travertin, compose aussi des formations comme la Sekkaika no Taki (« cascade de calcite ») et le Kurage Takinobori (« méduses remontant la cascade »). Au fil des siècles, les dépôts laissés par chaque goutte d’eau ont façonné des stalagmites anthropomorphes, baptisées Gankutsûô (« roi de la grotte ») ou Maria Kannon, fusion de la Vierge chrétienne et du bodhisattva bouddhique Avalokiteshvara.
Après le parcours souterrain, il est recommandé de prendre l’ascenseur jusqu’au plateau d’Akiyoshi-dai. Une courte marche de sept à huit minutes mène au belvédère, idéal pour contempler ces centaines de millions d’années d’histoire naturelle. Le plateau est aussi sillonné de sentiers qui invitent à la promenade.
Le géoparc Mine Akiyoshi-dai, surnommé Karstar, jouxte l’observatoire. On y trouve un café et un espace de repos gratuit. Des vélos et voitures électriques en location permettent de parcourir la route karstique qui traverse le plateau du nord au sud.
La grotte d’Akiyoshi-dô
- Adresse : 3449-1 Akiyoshi, Shûhô-chô, Mine-shi, Yamaguchi-ken
- Horaires : 8 h 30 - 18 h 30 de mars à novembre, 8 h 30 - 17 h 30 de décembre à février Dernière entrée une heure avant la fermeture. L’entrée Kurotani ainsi que l’accès par l’ascenseur ferment à 16 h 30.
- Ouvert tous les jours
- Tarifs : 1 300 yens (lycéens et adultes), 1 050 yens (collégiens), 700 yens (écoliers)
- Accès : environ 40 minutes en prenant le bus Bôchô depuis la gare JR de Shin-Yamaguchi jusqu’au centre des bus d’Akiyoshi-dô
(Reportage, texte et photos de Nippon.com. Photo de titre : Hyakumai-zara, l’attraction la plus célèbre de la grotte d’Akiyoshi-dô. Nippon.com)













