L’importance des changements de saison dans la culture japonaise
Le climat du Japon comporte quatre saisons bien distinctes, à l’instar de l’Europe. Mais l’Archipel a aussi une saison des pluies (tsuyu)qui dure environ six semaines, de début juin à mi-juillet. Elle affecte l’ensemble du pays, à l’exception de l’île de Hokkaidô épargnée par la moiteur, et les fortes précipitations caractéristiques de cette période de l’année.
Les Japonais accordent une grande importance aux passages d’une saison à l’autre et en particulier à l’arrivée du printemps. Sur la façade pacifique, celle-ci coïncide avec un fort vent de sud qui se met à souffler à une vitesse de plus de 8 mètres par seconde. Ce phénomène qui dure du mois de février à la mi-mars est appelé haru ichiban, « premier vent du printemps ». La période de la floraison des cerisiers (sakura) où les Japonais ont coutume de se réunir pour contempler les arbres en fleurs (hanami) commence à Okinawa, au mois de janvier. L’Agence météorologique japonaise donne des prévisions détaillées accompagnées de cartes indiquant la progression du « front des cerisiers » (sakura zensen) du sud vers le nord et la date estimée de l’apparition des fleurs dans chaque région (voir article « L’archipel des cerisiers »). La floraison des sakura prend fin au mois de mai, dans l’île de Hokkaidô.
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Au Japon, l’administration, les entreprises et les établissements scolaires changent d’uniforme en fonction des saisons. C’est ce que les habitants de l’Archipel appellent koromogae « changement de vêtement ». Dans la plupart des cas, on procède à deux koromogae par an. Le premier a lieu le 1er juin, où l’on revêt l’uniforme d’été, et le second, le 1er octobre date à partir de laquelle on porte une tenue d’hiver. Les familles japonaises, qui disposent bien souvent d’un espace de rangement limité, remplacent quant à elles le contenu de leurs penderies par des vêtements plus appropriés en mettant soigneusement à l’abri dans des boîtes les manteaux et les vêtements qui ne sont plus de saison. La pratique du koromogae est très ancienne puisqu’elle remonte aussi loin que l’époque de Heian (794-1185).
L’attitude des Japonais face au réchauffement climatique
Depuis quelques temps, on constate que les températures de l’Archipel ont tendance à être plus élevées en été. Elles dépassent fréquemment 30°C et parfois même 40°C en pleine saison estivale. La température la plus forte – 41°C – a été enregistrée en août 2013 par Shimanto, préfecture de Kôchi, dans l’île de Shikoku. Depuis 2008, on observe également une multiplication des pluies diluviennes, des précipitations locales brutales qui se caractérisent par leur courte durée et une pluviométrie supérieure à 50 millimètres par heure.
Les autorités japonaises et les habitants de l’Archipel font de gros efforts pour combattre le réchauffement climatique. En 2005, le ministère de l’Environnement japonais a émis une directive intitulée Cool Biz contenant diverses recommandations à l’intention des entreprises dont les employés ne portent pas d’uniforme. Celles-ci ont été invitées à encourager leur personnel à ne pas porter de veste, de cravate ou de chemise à manches longues en été, ceci afin de limiter l’emploi de la climatisation. Outre l’air conditionné et les ventilateurs électriques dont ils font un usage intensif pour combattre la chaleur étouffante de l’été, les Japonais ont aussi recours à des moyens plus écologiques, éventails, stores de bambou, rideaux anti-UV, ou colliers réfrigérants – neck cooler – constitués de glaçons. Certains appliquent encore la méthode traditionnelle qui consiste à arroser les rues et les jardins (uchimizu) pour rafraîchir l’atmosphère. D’autres, de plus en plus nombreux, font pousser des plantes grimpantes, entre autres le melon amer (gôya), appelé aussi margose, et la belle de jour (asagao), devant leurs fenêtres pour créer un rideau végétal qui contribue à empêcher la chaleur d’entrer et à limiter l’emploi de la climatisation.
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Quand vient l’hiver avec ses nuits froides, les habitants de l’Archipel ressortent leurs radiateurs et leurs kotatsu, appareil constitué d’une table munie d’une couverture sous laquelle est installé un chauffage en général électrique. Ils achètent du ruban adhésif isolant dans les boutiques à 100 yens pour calfeutrer leurs fenêtres et se protéger des courants d’air. Ils utilisent aussi de la feuille d’aluminium qui, une fois placée sous les tapis, contribue à garder la chaleur. L’isolation thermique et le double vitrage sont encore peu répandus dans une grande partie du Japon.
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