Les chevaux japonais ont atteint un niveau mondial
——Dans quelle mesure les professionnels mondiaux connaissent-ils les courses japonaises ?
C.L. Les chevaux japonais ont déjà fait la preuve de leur niveau exceptionnel. Tout le monde a les yeux rivés sur eux à chacune de leurs participations aux courses à l’étranger, le respect est général. La réputation des éleveurs est excellente et on sait également les montants énormes que les propriétaires peuvent investir sur un pur-sang lors des enchères.
Quand les médias japonais débarquent en force sur une course à l’étranger, cela donne une bonne stimulation locale. La dernière fois aussi, Makahiki a énormément retenu l’attention des médias français. Les journalistes français m’ont posé beaucoup de questions sur la situation générale des courses de chevaux au Japon.
——Lors de la première édition de la Japan Cup en 1981, qui avait été entièrement dominée par les chevaux étrangers, on avait dit que c’était le reflet de la différence de niveau entre les deux univers.
C.L. Tout procède par accumulation d’expérience. Le Japon ne possède pas une histoire des compétitions de chevaux aussi longue que l’Europe ou les États-Unis. L’objectif de la Japan Cup était justement d’ouvrir les portes aux chevaux étrangers en créant une course de niveau international au Japon. Certes, à ce moment-là, le niveau des chevaux japonais n’atteignait pas celui des chevaux européens ou américains, mais il a énormément progressé depuis. Aujourd’hui, plus personne ne doute que le Japon est au top mondial aussi bien pour les chevaux de course que pour les élevages, les étalons, ou les juments.
Avec l’internationalisation des courses, de plus en plus de chevaux japonais vont courir à l’étranger, et cela renforce énormément la confiance des propriétaires, tout comme des entraîneurs japonais. Ils découvrent qu’ils sont dorénavant capables de gagner des courses au-delà de leur pays. Au classement des meilleurs chevaux de course du monde, en 2014, deux chevaux japonais sont arrivés aux deux premières places, et encore une fois à la première place en 2015. Plus rien ne leur manque, désormais.
——Vous voulez dire qu’un cheval japonais pourrait remporter le prix de l’Arc de Triomphe dans un avenir proche ?
C.L. Certainement. Ils ont dejà fini quatre fois à la deuxième place. C’est juste une dernière marche à gravir. Qu’ils atteindront dans très peu de temps, c’est sûr !
——Et l’idéal, ce serait vous sur ce cheval n’est-ce pas ?
C.L. Gagner le prix de l’Arc de Triomphe est le rêve de tout jockey. Et vu l’enthousiasme des professionnels et des fans au Japon, je n’imagine pas de plus grand honneur que de monter le premier cheval japonais sur une victoire dans l’Arc. Donc oui, bien sûr, c’est l’un de mes grands objectifs. Mais les chevaux sont des êtres vivants, et donc jusqu’au jour de la course, tout peut arriver. L’important pour moi n’est pas de tout canaliser sur une seule course mais de vivre chaque journée dans le même état mental, et de pratiquer les entraînements jour après jour avec diligence. Puis à l’approche de la course, renforcer ma concentration et me focaliser sur ce jour-là.
