Voici Martin, véritable fan de cuisine japonaise. Né d’un père américain et d’une mère japonaise, ce jeune mannequin parcourt les coins et recoins de l’Archipel à la recherche de délicieuses spécialités locales. Sa mission : promouvoir le washoku auprès de la jeune génération en tant que leader du groupe Ase Bound, composé de quatre autres jeunes hommes.

Au Japon, si vous allumez la télévision entre deux tartines au petit-déjeuner, il se peut que vous tombiez sur Martin. Au micro de Zip, une émission populaire d’actualités et de style de vie, le jeune homme de 24 ans, qui travaille également dans le mannequinat, nous fait régulièrement découvrir une nouvelle spécialité régionale, une mission qui l’envoie aux quatre coins de l’Archipel.

Depuis 2018, Martin – il n’utilise que son prénom pour son nom de scène – est également l’heureux leader du groupe Ase Bound, composé de quatre autres jeunes mannequins comme lui aux origines métissées. À eux cinq, ils parcourent le Japon pour nous mettre l’eau à la bouche avec les mille et une spécialité dont regorge l’Archipel.

Lors de notre entretien, il évoque avec nous le rôle des réseaux sociaux dans sa mission de promotion de la cuisine japonaise, ou washoku, auprès de la jeune génération dans et au-delà des frontières du pays.

— Racontez-nous un peu les débuts de Ase Bound.

MARTIN  En fait, le groupe s’est plus ou moins formé naturellement. J’ai grandi à Hiratsuka, dans la préfecture de Kanagawa. Mais je suis à moitié américain, j’ai donc bien sûr beaucoup d’amis qui viennent de l'étranger, et avec qui je parle de la vie au Japon.

J’ai alors fait la connaissance d’Alex, qui est franco-américain et fait maintenant partie du groupe. Il est venu pour une courte période au Japon il y a plusieurs années, dans la préfecture de Shiga. Il est littéralement tombé amoureux de la culture. J’ai été impressionné par la rapidité avec laquelle il a appris le japonais. Il parle déjà cinq langues !

En discutant, nous nous sommes dit : « Et si nous partagions sur les réseaux sociaux nos coups de cœur sur la culture japonaise ? » Et de fil en aiguille, nous avons décidé de former le groupe Ase Bound.

En partant de la gauche : les membres d'Ase Bound, Emre, Vinny, Martin, Kevin et Alex. (© Kawamoto Daigo)
Les membres d’Ase Bound : (en partant de la gauche) Emre, Vinny, Martin, Kevin et Alex. (© Kawamoto Daigo)

— Quelles sont les activités principales du groupe ?

MARTIN  Tout tourne principalement autour de la nourriture, et plus particulièrement du poisson. Goûter au washoku, c’est l’un des plaisirs de voyager au Japon, et nous voulons mettre l’accent sur la variété des plats, en nous adressant aux touristes étrangers en particulier.

L’une de nos premières missions a été de rejoindre les membres de l'équipage d’un bateau de pêche pour les aider à trier les prises du jour après le retour au port. Aucun de nous n’avait jamais fait ça et c’est ainsi que nous avons appris à différencier les poissons qui se trouvaient dans le filet. Ensuite, l'équipage nous a servi du sashimi de maquereau et de barracuda fraîchement pêchés en nous encourageant à vanter auprès de nos plus jeunes fans la qualité du poisson pêché au Japon. Nous avons alors raconté notre expérience sur les réseaux sociaux.

Et nous ne le savions pas encore, mais cette fois-ci allait être suivie de bien d’autres...

Martin, en août 2018 après avoir trié les prises du jour (© Kawamoto Daigo)
Martin, en août 2018, après avoir trié les prises du jour (© Kawamoto Daigo)

C’est comme ça que nous avons continué à aller sur le terrain, à nous rendre directement là on nous avons pu donner un réel aperçu, sans filtre, des lieux de production des ingrédients qui sont à la base de la cuisine japonaise. Et ce n’est pas toujours de tout repos ! Par exemple, à Shizuoka, nous avons embarqué sur un bateau à la pêche au shirasu, des alevins de sardine le plus souvent servis bouillis en guise de garniture pour le riz et d'autres aliments, et nous avons aussi visité une installation de stockage de thon qui maintient le poisson à moins 70 degrés.

Plus tard, notre mission nous a emmené dans une ferme de wasabi où nous avons fait mariner ce que nous avons pu pêcher pour faire notre propre wasabi-zuke. Et pour finir, nous sommes allés voir de plus près le verger de clémentines, dans les alentours.

Martin (à gauche) et Kevin devant le marché de gros de Tsukiji, avant sa relocalisation à Toyosu. (© Kawamoto Daigo)
Martin (à gauche) et Kevin en septembre 2018 devant le marché aux poissons de Tsukiji, le plus grand au monde, avant sa relocalisation à Toyosu. (© Kawamoto Daigo)