Des plats 100 % nippon à apprécier
— Quels sont les plats préférés du groupe ?
MARTIN Nous sommes tous au Japon depuis suffisamment longtemps pour que nos goûts dépassent les incontournables comme les sushis et les tempura. Vinny, qui a des origines brésiliennes, habite au Japon depuis qu’il est tout petit. Il adore la douceur subtile du saba no miso-ni — maquereau mijoté dans une sauce miso. Kevin, qui est moitié philippin, raffole du saumon et des légumes cuits au four. Et pour Emre, il n’y a pas photo, c’est un sandwich au maquereau ou rien ! Alex quant à lui est végétalien (il ne mange ni viande ni poisson), mais il adore les algues comme le nori et le wakame comme garnitures pour les salades par exemple.
Pour les besoins de notre mission, j'ai voyagé dans tout le Japon, mais le plat qui a littéralement mis mes papilles en émoi, c’est le hokki meshi de Watari dans la préfecture de Miyagi. C'est un plat très simple : des palourdes servies sur un bol de riz cuit dans un bouillon. Je n’avais rien mangé de pareil ! La combinaison de la saveur iodée des palourdes et l'umami du riz... J’encourage vraiment tous les visiteurs de l'étranger à aller dans le nord du pays et à goûter au hokki meshi. Vous n’en reviendrez pas !
— Des recommandations pour les novices qui veulent apprécier la cuisine japonaise ?
MARTIN Quasiment tous les plats japonais se marient bien avec un bol de riz blanc fumant, mais surtout le poisson. Moi, ce que je fais, c’est que j’accompagne chaque bouchée de riz blanc bien fumant. Un délice !
Le riz apporte un complément aux saveurs les plus subtiles et au contraire élimine les plus prononcées comme celles du tsukudani (conserves d’algues mijotées dans de la sauce soja). Cela peut sembler étrange à quelqu’un qui n’a pas l’habitude de manger du riz, mais c’est vraiment un conseil que je vous donne. Essayez et vous verrez !
Si vous venez au Japon, il y a aussi toute une gamme de nouilles ramen. Chaque région a des soupes, des nouilles et des garnitures locales différentes. Certaines régions ont par exemple des fruits de mer avec un goût que vous ne retrouverez nulle part ailleurs. Au Japon, vous trouverez facilement un bol de ramen, assez copieux, pour moins de 1 000 yens (environ 8 euros), mais vous devrez peut-être parfois faire la queue dans les restaurants les plus connus. En tout cas une chose est sûre, vous ne serez pas déçu !
Les supérettes (konbini) ne sont pas en reste non plus et proposent une vaste sélection de plats japonais savoureux et prêts à déguster. Pour quelques centaines de yens, vous pourrez facilement acheter un repas sur le pouce mais sain, comme des boîtes repas bentô préemballées ou des boulettes de riz onigiri.
— Quelles sont vos prochaines nouvelles destinations ?
MARTIN Pour notre prochaine aventure, nous espérons attirer l’attention sur le marché de Toyosu. Notre groupe Ase Bound a visité l'emblématique marché aux poissons de Tsukiji en 2018, avant sa relocalisation. Une grande expérience, mais Toyosu est tout aussi impressionnant. Il dégage une sensation totalement différente ; il est plus vaste et son équipement est extrêmement moderne. Sur place, nous avons rencontré le chef du marché et le président d’un important grossiste.
Comme les pêcheurs dont nous avions fait la connaissance à Hiratsuka, ils nous ont encouragés à promouvoir les poissons et algues du Japon auprès des jeunes sur les réseaux sociaux. J’ai pris leur demande à cœur. Les jeunes amateurs de gastronomie utilisent de plus en plus des assaisonnements traditionnels comme le bouillon dashi et adorent les plats à base de viande, mais je pense que mettre l’accent sur les plats de poisson donne une idée plus juste de la gastronomie japonaise.
Notre groupe Ase Bound est présent et actif sur différentes plateformes de réseaux sociaux. Nous avons également un site Internet et une chaîne YouTube où nous partageons des photos et des vidéos de nos voyages à travers le Japon. En nous rendant dans des endroits comme les marchés de producteurs locaux, en flânant dans les rues commerçantes et en allant à la rencontre des professionnels qui y travaillent, nous voulons encourager celles et ceux qui viendront au Japon à sortir des sentiers battus et à avoir un contact direct avec le pays et la culture, et à revenir bien sûr !
(Interview et texte : Kawamoto Daigo, de Jiji Press. Photos de l’interviiew : Nippon.com)





