Un souci minutieux d’authenticité
Dans sa version finale, la croûte du gyôza croque sous la dent, tandis que le côté reste tendre et moelleux. Ce plat est certes plutôt roboratif, il n’est pas pour autant excessivement gras, si bien que même si vous êtes de petite composition, vous viendrez sans mal à bout du enban gyôza en entier. Rares sont ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre.
Enban gyôza, sui-gyôza et quelques plats d’accompagnement ; voici à quoi se limite la carte du restaurant Manpuku, qui préfère proposer un style authentique. « Ma grand-mère ne mangeait pas tous les jours à sa faim après la guerre », explique Shiino Jinko. Le nom du restaurant, « Manpuku » (qui signifie « ventre plein ») vient de là, elle qui voulait rassasier des clients affamés avec un simple plat de gyôza, accompagné de quelques boissons ».
L’enban gyôza : un atout pour la communauté locale
Le enban gyôza a fait son petit chemin et il est maintenant connu aux quatre coins de l’Archipel. Mais selon Tsukahara Hitoshi, responsable de l’organisation promotionnelle Fukushima Gyôza Group, « ce plat a pris vie en dehors de la ville, mais ses racines restent bien attachées à la communauté locale ».
Un sondage mené en 2022 au sujet des dépenses annuelles en gyôza par ménage montre que la préfecture de Fukushima, avec 1 769 yens, se situe loin derrière les trois grands consommateurs de gyôza que sont Miyazaki avec 4 053 yens, Utsunomiya avec 3 763 yens et Hamamatsu avec 3 434 yens. Depuis le départ, le enban gyôza est indissociable de la culture de la boisson locale et de nombreux établissements qui le servent n’ouvrent que le soir. Tsukahara Hitoshi explique que si la devise du groupe fait la part belle au lien traditionnel entre les gyôza et la boisson « nous voulons également faire connaître le enban gyôza aux enfants ».
Susciter un sentiment de fierté chez les habitants de la préfecture, pour en faire un véritable atout pour la communauté locale ; c’est en nourrissant cet espoir que le groupe promeut activement le enban gyôza. Pour ce faire, il a organisé différents événements, lors desquels des enban gyôza étaient servis dans des poêles géantes. Tsukahara Hitoshi n’épargne pas ses efforts et se rend également dans des écoles primaires afin de transmettre toute l’histoire du enban gyôza aux élèves. En multipliant les initiatives de promotion, le petit cercle de gyôza pourrait bien devenir la dernière tendance culinaire à la mode, gagnant le cœur et l’estomac de fans aux quatre coins du Japon et même au-delà.
(Reportage, texte de Nippon.com. Photos : Nippon.com, sauf mentions contraires.)





